

Les indices caractérisant El
Niño se confirment dans le Pacifique équatorial.
L'augmentation des températures de surface de la
mer signifie des précipitations importantes sur les
côtes de l'Amérique du sud et une sécheresse
anormale en Indonésie, aux Philippines et dans le
Nord de l'Australie d'ici quelques mois. Les spécialistes
du climat sont sur le pied de guerre.
Les prémices
d'un retour
En mai 2002, les eaux de surface de la mer enregistrent
une hausse de 2°C par rapport à la normale à
l'est le long des côtes latino-américaines,
ce qui a provoqué une augmentation des précipitations
dans les régions côtières du Pérou
et de l'Equateur, et entraîné inondations et
glissements de terrain meurtriers.
Des températures de surface anormalement élevées
à proximité de la ligne de changement de date
et l'apparition soudaine de vents d'ouest dans le Pacifique
équatorial occidental accentuent encore la probabilité
d'un déclenchement du phénomène.
Les avis et les modèles informatiques divergent selon
l'organisation météorologique mondiale. Malgré
les incertitudes, la majorité des experts optent
à plus de 50% pour un déclenchement d'un tel
phénomène en 2002.
Evènements
significatifs en février 2002 dans le monde
La bascule
du Pacifique
ELes phénomènes El Niño
et La Niña sont les extrêmes
d'une onde océanique dans la Pacifique, appelée
Oscillation Australe ( Southern Oscillation en anglais).
C'est en étudiant l'intensité de la mousson
indienne dans les années vingt, que Sir Gilbert Walker
découvrit l'oscillation australe (SO). Il mit en
évidence que la pression augmentait dans l'ouest
du Pacifique lorsqu'elle diminuait à l'est et inversement.
Il caractérisa ce mouvement de " bascule "
autour d'un état dit " normal " par la
différence de pression entre Tahiti et Darwin, représenté
par un indice, le SOI (Southern Oscillation Index). Cet
indice est négatif en période El Niño
et positif pendant La Niña.
Ce n'est que dans les années soixante que Jacob
Bjerknes (1897-1975) fit le lien entre l'oscillation australe
(SO) de pression et le phénomène El
Niño; on parle généralement
d'un cycle ENSO, qui signifie " El Niño Southern
Oscillation ".
Quand les
perturbateurs entrent en scène …
Situation normale dans le Pacifique
L'accumulation des eaux les plus chaudes (28°- 30°C)
dans le Pacifique équatorial ouest est due au régime
des alizés. A l'inverse, ces vents entraînent
à l'est une remontée d'eaux profondes froides
vers la surface, riches en nutriments et propices à
la vie marine … et aux filets des pêcheurs.
Il en résulte une différence dans la profondeur
de la thermocline entre l'est et l'ouest du Pacifique
Situation
normale ENSO septembre 1996
Période El Niño
Ce phénomène a une fréquence comprise
entre 2 à 7 ans et il dure de 12 à 18 mois.
Les vents d'est disparaissent et sont remplacés par
des vents d'ouest. Cette modification persistante du champ
de vent entraîne le reflux d'eaux chaudes vers l'est
jusqu'aux côtes du Pérou.
La zone de " forte convection atmosphérique
", liée aux eaux chaudes, se déplace
vers l'est et provoque des précipitations inhabituelles
sur les côtes d'Amérique du Sud alors qu'un
déficit pluviométrique important sévit
dans l'ouest du Pacifique.
Le déplacement des eaux chaudes provoque aussi un
redressement de la thermocline ce qui signifie pour les
pêcheurs la disparition du plancton et la diminution
du poisson, et de graves conséquences pour la vie
économique.
Situation
El Nino septembre 1997
Période La Niña
La Niña n'est que le pendant de son frère,
El Niño.
La situation ressemble beaucoup a une situation normale,
avec des alizés plus forts et des températures
de surface de la mer sur l'est du Pacifique équatorial
encore plus basses.
Le réservoir d'eaux chaudes se situe à l'extrême
ouest et la thermocline est très inclinée
à l'ouest du Pacifique.
ENSO
et le climat
Le lien entre ENSO et la variabilité du
climat est maintenant prouvé.
Le dernier El Niño en 1997/1998 fut un des plus violents
du XXè siècle: il a provoqué des pluies
torrentielles et des inondations sur la côte est du
continent américain (Pérou, Equateur, Chili
et Californie) et des sécheresses exceptionnelles
provoquant des feux de forêts en Indonésie
et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
En période El Niño, comme pendant La Niña,
on observe des impacts climatiques sur la presque totalité
du globe. La majorité d'entre eux se trouvent dans
la ceinture intertropicale, mais il en existe aussi aux
latitudes tempérées.
Les
impacts au niveau mondial des conditions de type La Nina
en hivert (haut) et en été (bas)
Les
impacts au niveau mondial des conditions de type El Ninoen
hivert (haut) et en été (bas)
Une longue histoire qui dure …
El
Niño n'est pas un phénomène récent
dans l'histoire du climat!
El
Niño sur Météo France...
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