La canicule tue chaque année à travers le monde, peut-être même plus encore que le froid. Tour d’horizon des vagues de chaleur. Et des quelques précautions de base à prendre. En France, la climatologie indique que la période de survenue des canicules s’étend principalement du 15 juillet au 15 d’août, parfois depuis la fin juin. Des séquences de temps chaud peuvent survenir en dehors de cette période. Toutefois avant le 15 juin ou après le 15 août, les journées chaudes ne méritent que très rarement le qualificatif de « canicule » car les nuits sont alors suffisamment longues pour que la température s’abaisse bien avant le retour de l’aube : ainsi, en France, même avec des températures maximales élevées, les températures minimales sont suffisamment fraîches pour que l’on puisse reprendre son souffle avec la nuit : cela ne s’appelle plus une "canicule". D’où vient le mot canicule ? Quelques étés français caniculaires au cours de ces 20 dernières années Le record absolu de température en France Les grandes canicules récentes et meurtrières dans le monde Malgré des chiffres parfois inquiétants, le soleil et la chaleur ont toujours une très bonne côte de popularité. En prenant un minimum de précautions, les amateurs sauront apprécier les baignades répétées et les séances d’air conditionné au cinéma ou dans les grands magasins, ainsi que les sorties nocturnes prolongées et les spectacles des nuits d’été en plein air
Les premiers conseils de prudence Comment mieux supporter l’épreuve de la chaleur mais aussi limiter sensiblement le nombre des cas d’hyperthermie et des coups de chaleur avec une issue fatale ? La chaleur accablante ne présente des atteintes graves à la santé qu’au terme de deux journées consécutives, ce qui laisse le temps de se remémorer les recommandations les plus simples et de les rappeler autour de soi surtout aux personnes les plus sensibles. Aider la sudation Il faut boire pour compenser les pertes d’eau liées à l’évaporation de la sueur : la sudation reste le mécanisme de défense et de régulation le plus efficace pour maintenir la température centrale autour de sa valeur de 37°C malgré la chaleur extérieure, et cela protège du "coup de chaleur" : en s’évaporant, la sueur refroidit la surface cutanée (c’est un simple problème de météorologie et de "chaleur latente" !). Ce refroidissement est local sur la peau (en général inégal selon les parties du corps), mais c’est cela qui permet au sang de se refroidir à son contact, d’autant plus que le flux sanguin superficiel est renforcé par une dilatation des vaisseaux (vasodilatation). La sueur c’est de l’eau salée (1 à 2 grammes de sel par litre) et les pertes de sueur peuvent atteindre jusqu’à 10 ou 12 litres d’eau par jour pour un adulte en pleine chaleur. Bien sûr il faut compenser, et pour cela la sensation de soif est ressentie naturellement par la plupart des personnes. Néanmoins ce n’est pas le cas pour tout le monde : les personnes ägées ainsi que les tout petits ont une reconnaissance parfois insuffisante de la soif : sensation altérée ou pas encore bien formée et cela se double d’une capacité de sudation parfois insuffisante (mauvaise thermorégulation et plus grand risque de coup de chaleur). Jeux d’eau, linges mouillés et parfums Linge mouillé pour les bras, humectation abondante ou par petites touches au creux des bras et des genoux, sur le visage : on peut y ajouter une odeur qui nous est agréable ou un parfum frais qui donne envie de respirer plus profondément et se dégager d’une respiration lourde dans l’atmosphère étouffante. Ventilateur et brumisateur La "chaleur latente" est celle qui se dégage lorsque de l’eau s’évapore. Lorsqu’il fait trop chaud, on peut se mouiller le visage et les bras avec un brumisateur puis on s’expose agréablement au souffle du ventilateur qui crée cette même sensation de fraîcheur sur la peau. Ne pas abuser, à la longue ça fatigue le métabolisme. Le drap à la fenêtre Méthode traditionnelle et des plus efficaces, elle fait aussi usage de "l'effet chaleur latente" : Un grand drap mouillé à la fenêtre provoque de l'ombre, empêche les rayons du soleil de pénétrer et rafraîchit en même temps l'air dedans en séchant ... on peut même ajouter un petit parfum, parfois tout simplement une bonne odeur de lessive, et l'air devient plus agréable à respirer. Bien choisir son habillement, sa coiffure, ses couleurs Cheveux coiffés en arrière, chapeau et vêtement ample prenant le vent. Il faut préférer les tissus naturels absorbant la transpiration, et selon les tempéraments, un habit fin à même le corps pour la transpiration et un habit ample par dessus. Les couleurs printanières (claires) ne retiennent pas trop la chaleur (à l’inverse du noir qui l’absorbe au maximum comme on le constate au contact du goudron beaucoup plus chaud qu’un objet blanc pour une même exposition au soleil). Pourtant plusieurs "pays du soleil" adoptent la couleur noire dans l’habillement traditionnel. Peut-être faudrait-il chercher une explication du côté du rythme de vie, des cultures et des tempéraments personnels L’alimentation et l’alcool Il faut la choisir fraîche et légère : crudités, petits légumes ou poissons, gazpacho (soupe andalouse froide) et éviter les plats lourds, les graisses et les sucres. La prise d’alcool de même que la prise de tranquillisants ne sont d’aucune aide devant le poids écrasant des fortes chaleurs : au contraire, la sensation de soif est amoindrie et les besoins en eau du corps sont moins bien reconnus et satisfaits. Le choix des boissons ne manque pas en général. Quant aux personnes habituées à la consommation de tranquillisants, il est en général recommandé de contacter son médecin en vue d’une éventuelle diminution des prises médicamenteuses. Rechercher les endroits aérés et la proximité de la végétation La proximité de la verdure, en particulier des arbres ou des haies d’arbres, de la forêt, d’une source d’eau ou d’une cascade … aident à une meilleure respiration et aussi à mieux vivre le poids de la chaleur. Jambes et bras couverts en forêts Rien de tel sous la chaleur que de rechercher une balade en forêt : mais attention au risque de piqûres de tiques porteuses de maladies bien connues La maladie de LYME provoque 10 000 à 27 000 victimes chaque année avec des symptômes parfois extrêmement graves. Quant à l'encéphalite de la tique, elle ne semble pas avoir traversé le Rhin, mais elle est bien présente en Europe Centrale (dès le frontière franco-allemande) et surtout en Europe de l'Est lors d'épisodes chauds durables. Enfin porteuse de maladie ou non, une petite "tête d'épingle vivante" plantée dans la chair ça n'est jamais bien agréable à garder sur soi : mieux vaut s'inspecter la peau après la ballade et dans tous les cas se couvrir bras et jambes dans les sous bois de l'été.