Avec l'arrivée du printemps, la végétation sort de son sommeil hivernal. Quels sont les paramètres météorologiques favorables au développement des plantes ? Quels sont les dangers guettant jardins et vergers en cette saison ? Les plantes sont particulièrement sensibles au milieu dans lequel elles vivent. C’est pourquoi leur cycle annuel est calé sur celui des saisons. Si les caractéristiques du sol ont une influence certaine sur l’activité des racines, les conditions atmosphériques (température et humidité notamment) affectent quant à elles plus particulièrement les parties aériennes des plantes. Durant l'hiver, les racines, tiges et feuilles tombent ou cessent leur activité du fait de la chute des températures et du fait de la baisse de l'intensité et de la durée de l'ensoleillement.
Le réveil du printemps : les paramètres météo de première importance Le rôle de la température Au printemps, la température de l'air et du sol augmente. Chaque espèce végétale a ses propres exigences en chaleur pour pouvoir se développer. Pour les cultures, on définit "le zéro de végétation" comme étant la température à partir de laquelle la croissance va pouvoir commencer. Pour le maïs par exemple, la température minimale nécessaire est de 6°C, tandis que pour les tomates ou autres plantes d’origine tropicale, elle devra atteindre au moins 12 °C. Le rôle de l'eau La plante puise dans le sol gräce à ses racines, les éléments nutritifs dont elle a besoin pour se développer. Pour atteindre les parties aériennes, ces substances devront être diluées dans l'eau pour former une solution : la sève. La présence d'eau en quantité suffisante dans le sol est donc nécessaire pour assurer les transports au sein de la plante et la photosynthèse (l'ensemble des réactions par lesquelles les végétaux chlorophylliens fabriquent des molécules organiques à partir d'éléments minéraux). Pour évaluer la teneur du sol en eau - le bilan hydrique potentiel -, on tient compte des apports (précipitations) et des pertes théoriques (évaporation par le sol et les plantes elles-mêmes). Si en hiver ce bilan est positif, à partir de mars-avril il peut s'inverser car l'évaporation devient parfois supérieure à la pluviométrie. Maux de printemps et moyens préventifs Sphaeropsis Le gel voir photo Même à des températures positives sous abris (jusqu'à +5 °C), certaines situations nocturnes peuvent amener le voisinage du sol à geler. Ces gelées sont particulièrement redoutables au printemps pour les jeunes pousses et bourgeons. Des moyens existent pour contrer ces effets Lutte contre le Gel Sur les balcons et dans les jardins : voiles d'hivernage pour les feuilles, paille pour recouvrir le sol et plastique à bulles autour des pots. Dans les vergers : l'aspersion d'eau qui consiste à maintenir la température des organes végétaux en les recouvrant d’un gangue de glace à 0 °C, la mise en place de torchère afin de réchauffer l’air ambiant et même l’utilisation de tours à vent qui, en faisant tourner leurs pales, mélange les couches d’air chaud, plus élevées, avec celles proches du sol. Les moyens de lutte contre le gel L'humidité Alors que la sécheresse peut provoquer des dégäts irréparables sur les plantes en pleine en croissance, l'excès d'eau et d'humidité peut être tout aussi lourd de conséquence pour leur développement. Oïdium sur des feuilles de chêne Dans un sol gorgé d'eau résultat d'une forte pluviométrie ou d'un arrosage excessif ou encore d'un drainage imparfait ( soucoupe gorgée d'eau sous un pot par exemple), le pourrissement des racines entraînent souvent le dépérissement de la plante. Cependant, signes d'une humidité importante, les manifestations des maladies cryptogamiques peuvent alerter. Ces maladies dues à la prolifération de champignons microscopiques donnent des symptômes caractéristiques selon la sensibilité des plantes : couche blanche et farineuse, c'est l'oïdium (rosiers, tomates), täches oranges sur les feuilles, il s'agit de la rouille (plantes d'intérieur), moisissure grise sur les feuilles le mildiou (vignes), sur les céréales : lésions de couleur vert clair à brun-rouge des feuilles, la septoriose. Lorsque le mal est là : les conditions météo optimales pour traiter voir photo Pour une meilleure efficacité des traitements phytosanitaires apportés aux végétaux malades, certains paramètres météorologiques sont à prendre en considération. Maladies : Le Chancre Le vent doit être inférieur à 10 km/h pour garantir la qualité de la répartition, éviter la dispersion du produit dans l'air et tenir compte de la capacité de la plante à recevoir le produits. L’humidité de l'air doit être la plus élevée possible. Une humidité trop faible limite la pénétration du produit et donc son efficacité. C'est le matin ou en fin de journée que l’humidité est la plus favorable. Côté température : trop basse, elle rend le produit inefficace tandis qu'une température trop élevée augmente le risque de brûlure du feuillage.Pour un fongicide (anti-champignons) par exemple, la température optimale tourne autour de 15 à 25 °C. Il vaut mieux éviter la pluie dans les deux à trois heures suivantes qui suivent le traitement. Le risque étant une baisse de l'efficacité du produit, qui ruisselle, et également la pollution du sol.