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> Accueil > Dossier > Archives > édition du 27 mars 2002


 La sécheresse dans tous ses états 



Malgré les fortes pluies des 2 derniers jours du côté de Marseille, la sécheresse sévit actuellement sur le sud de la France.
Qu'appelle-t-on " sécheresse " ? Ce phénomène peut durer d'une semaine à plusieurs années. Pour en déterminer la nature exceptionnelle, les météorologistes utilisent l'apport en eau par les précipitations et les réserves en eau du sol.


Le sud de la France gravement touché depuis 2001

Le déficit pluviométrique commencé au mois d'août avec 0 mm de pluie à Corbara (Corse), Saint-Raphaël (Var), Fleury (Aude) et 0,2mm à Grasse (Alpes-Maritimes), se poursuit et s'accentue.
En décembre 2001, l'épisode neigeux des 14 et 15 n'a qu'un faible impact. Le cumul pluviométrique mensuel ne dépasse pas 10mm en général (moins de 10% de la normale mensuelle). Seule exception Bastia (Corse) qui enregistre un cumul supérieur à 100 mm .
Pour la plupart des régions, ce déficit constitue un record depuis 50 ans.
Depuis le début de l'automne, les précipitations sont souvent inférieures de 200 à 300 mm sur le Languedoc-Roussillon, la Provence-Alpes-Côte-d'Azur et la Corse, soit un rapport à la normale pour ces 5 mois inférieur à 75% et même 50%.
Ce sont Toulon, Le-Luc et Ajaccio qui enregistrent le déficit record du 1er septembre 2001 au 31 janvier 2002 (5 mois)

Records absolus pour les 5 derniers mois

Stations
Cumul (mm) sur 5 mois
Normale
%
Précédent record (mm)
Toulon (83)
163
362
45%
194 en 1967/68
Le-Luc (83)
135
452
30%
166 en 1967/68
Ajaccio (20)
139
377
37%
155 en 1988/89

Les régions du Sud-Ouest subissent également ce déficit pluviométrique.
Commencé au mois d'août comme dans le sud-est, il s'est aggravé en décembre 2001 et janvier 2002. Il s'agit principalement de la région qui englobe Mont-de-Marsan, Agen, Auch, Toulouse, Albi, Montauban et Tarbes.
La sécheresse 2001-2002 n'atteint cependant pas celle de 1976 qui était exceptionnelle tant par sa durée que par son intensité .

Dans le nord ouest,1976 reste dans toutes les mémoires

Depuis début décembre 1975 jusqu'en août 1976, les précipitations mensuelles ont été majoritairement déficitaires dans la plupart des régions. Pour certains mois tels que février et juillet les écarts n'étaient pas très importants ; en revanche, décembre 1975 puis janvier, mai et surtout juin 1976 ont connu des précipitations particulièrement faibles. La sécheresse intense s'est poursuivie au mois d'août dans la moitié nord du pays, alors que la moitié sud était touchée par des pluies fortement excédentaires .

 Tableau de valeurs du rapport à la normale des pluies

Les sécheresses

On distingues 3 types de sécheresse :

la sécheresse atmosphérique : liée à un déficit des précipitations, elle est jugée en fonction des quantités d'eau recueillies dans les pluviomètres ; elle est le premier maillon d'un ensemble de processus qui affectent les milieux naturels et les activités humaines.

la sécheresse agricole : cette sécheresse intéresse l'état d'humidité du sol agricole (1 m d'épaisseur). La réserve utile des sols, celle pouvant être extraite des végétaux s'épuise. Cette diminution de la réserve en eau des sols ralentit la montée de la sève. Sa mesure permet d'estimer l'état hydrique des végétaux.

 voir photo

la sécheresse hydrologique : Après l'épuisement de la réserve en eau des sols, la dégradation des conditions hydriques peut se poursuivre : ruisseaux et rivières s'assèchent à leur tour. A ce stade, on parle de sécheresse hydrologique. Lorsque cette situation s'aggrave encore, les nappes phréatiques , puis souterraines disparaissent et les sources se tarissent.

 voir photo

Effets et conséquence

Parmi les nombreuses conséquences dues à un état de sécheresse prolongée on peut citer :
- l'alimentation réduite des nappes phréatiques
- le niveau réduit des lacs et cours d'eau
- la restriction des ressources en eau pour les hommes, le bétail, la faune sauvage, et toutes les activités industrielles ou commerciales
- la limitation des possibilités d'irrigation, et les pertes de production agricole
- la sécheresse et la nécrose éventuelle des végétaux, et les feux de forêts qui peuvent en résulter
- l'érosion des sols
- les contraintes différentielles dans le sol en période de sécheresse ou de réhydratation des sols, pouvant conduire à la fissuration des murs d'immeubles ou maisons
- les effets sur la santé, l'hygiène et le confort (qui n'est assuré que dans une certaine gamme de température et d'humidité)

A noter : Le traitement spécifique "des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols" relevant de la loi CATNAT (juillet 1982) utilise le critère suivant :
"Toute période d'au moins 4 trimestres consécutifs avec une réserve en eau du sol inférieure à la normale, dont une décade du trimestre de fin de recharge des sols (trimestre = janvier, février, mars) inférieure à 50 % de la normale."



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