

Retour sur les deux tempêtes
exceptionnelles ont traversé la France entre le 26
et le 28 décembre 1999.
L'ouragan
du dimanche 26 décembre
Des vents d'une violence exceptionnelle ont accompagné
une dépression très profonde (960 hPa à
7 h 00 aux environs de Rouen) qui a traversé de part
en part et très rapidement le nord du pays dimanche
matin 26 décembre 1999. La trajectoire de cette dépression
suit d’ouest en est une ligne approximative le long
du 49e parallèle. Cette dépression qui touche
le Finistère le 26 décembre vers 2 h locales
se situe sur Strasbourg aux environs de 11 h, elle s'est
donc déplacée à environ 100 km/h.
La zone de vents les plus violents ont balayé une
bande d’une largueur de 150 km environ à proximité
immédiate de la dépression, tout le long de
cette trajectoire, côté sud, sur un axe pointe
de Bretagne — sud de la Normandie — Ile-de-France
— Champagne-Ardennes — Lorraine — Alsace
puis Allemagne.
Outre les vents exceptionnellement fort mesurés
dans l'intérieur des terres, cet ouragan est exceptionnel
par le creusement de la dépression qui s'est accentué
sur terre, en raison probablement d'une interaction forte
avec les courants jets d'altitude qui étaient proches
de 400 km/h à 9000 m d'altitude.
Quelques
valeurs de rafales de vents mesurées le 26
L'ouragan
de la nuit du lundi 27 décembre au mardi 28 décembre
Cette deuxième dépression (très
profonde), se déplaçant aussi à une
vitesse proche de 100 km/h, a traversé le pays de
l'après-midi du lundi 27 décembre à
la nuit suivante.
Elle s'est creusée en matinée du 27 au large
de la Bretagne, a atteint en son centre 965 hPa en rentrant
sur la pointe sud de la Bretagne vers 16 h locales. La trajectoire
a suivi une ligne : Nantes vers 19 h locales, puis Romorantin
vers 22 h locales, Dijon vers 1 h du matin le mardi 28,
Alsace vers 4 h du matin. La dépression s’est
ensuite évacuée vers l’est.
Des vents exceptionnellement violents ont accompagné
cette dépression, avec des forces maximales sur sa
partie ouest et sud. Les régions les plus touchées
ont été d'abord le sud de la Bretagne et les
côtes Atlantiques dans l’après-midi,
puis toutes les zones situées au sud d’une
ligne La Rochelle — Mäcon, y compris la côte
méditerranéenne, en particulier varoise, et
la Corse où le vent continuait à souffler
en tempête le matin du mardi 28. Sur la Corse, des
vagues très fortes touchent la face occidentale.
Au nord de la dépression, dans le courant froid
orienté au Nord et dès l’après-midi
du 27, des chutes de neige tenant au sol, se sont produites
sur le nord de la Bretagne et la Normandie. Dans le courant
de la nuit, des chutes de neige éparses et fugaces
ont touché l’ouest et le sud de la région
parisienne mais elles ont été plus importantes
sur le Nord-Est du pays, le plateau Lorrain, les Vosges
et jusqu’en plaine sur le Genevois. Sur le nord des
Alpes, on prévoit des risques d’avalanche.
Pour la journée du 28, l’accalmie se confirme
par l’ouest avec maintien d’un temps instable
avec de nombreuses averses, sans gravité particulière.
Quelques
valeurs de rafales de vents mesurées les 27 et 28
Deux événements
bien prévus
L'annonce 24 h à l'avance de la tempête
du 26 décembre a été possible gräce
à la pertinence du modèle numérique
de Météo-France qui a parfaitement identifié
la dépression en cause et gräce à l'expertise
des prévisionnistes. En effet, ils ont détecté
de surcroît des variations exceptionnelles de température
et de pression aussi bien au voisinage du sol qu'en haute
altitude (8 000 m) et ont pu confirmer la réalité
de ces phénomènes par l'examen des observations
disponibles. Une première analyse suggère
que c'est la mise en phase d'une perturbation de très
haute altitude et d'une perturbation de surface qui a causé
la violence extrême des vents. Ce travail d'expertise
renforçait les prévisions du modèle
et justifiait les avis de tempête émis.
En conséquence des Bulletins Régionaux d'Alerte
Météorologiques ont été diffusés
aux services compétents au horaires suivant le samedi
25 décembre :
Région Nord à 10 h 46
Région Ile-de-France - Centre à 11 h 04
Région Nord-Est à 12 h 00
Région Ouest à 12 h 07.
A échéance de 24 h ces messages annonçaient
des forces de vent extrêmes se situant dans une fourchette
de 90 à 130 km/h à l'intérieur des
terres et de 150 km/H sur les côtes, constituant ainsi
à l'évidence un phénomène prévu
d'une ampleur et d'une intensité exceptionnelles
susceptible d'avoir des conséquences très
graves en matière de sécurité.
Durant l'ouragan, les prévisionnistes de Météo-France
à tous niveaux ont travaillé en contact étroit
avec les services de la sécurité civile.
L'épisode du 27 décembre a aussi mis en évidence
les capacités de Météo-France. Un message
d’alarme émis le lundi 27 décembre à
9 h 03 a été relayé selon la procédure
usuelle par les bulletins régionaux d'alerte météorologiques.
Le
message d'alarme du 27 décembre à 9h03
D'autres
tempêtes encore présentes dans les mémoires
Les 15 et 16 octobre 1987, une tempête
avait affecté la Bretagne, la Normandie et le Nord
ainsi que le sud de la Grande Bretagne avec des rafales
maximales mesurées dépassant les 180 km/h.
En 1990, une série de plusieurs tempêtes exceptionnelles
par leur répétition et dans une moindre mesure
par leur intensité avait affecté la France
de fin janvier à début février.
Les
rafales de vent relevées en 1987 et 1990 sur le nord
Les
rafales de vent relevées en 1976, 1990 et 1996 sur
le sud
D'autres tempêtes ont atteint la France dans le
passé, par exemple les 10 et 12 janvier 1978, 6 juillet
1969, 12 mars 1967, 7 août 1948, 4-6 décembre
1896. Néanmoins, on peut affirmer que les deux ouragans
que la France vient de subir sont exceptionnels par leur
intensité par le territoire concerné par des
rafales supérieures à 120 km/h et par la gravité
et l'ampleur des conséquences.
Origine
et mécanisme des tempêtes
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