Ma météo
 Evénement
 Dossier
 Question de la semaine
 En bref
 Archives des dossiers




> Accueil > Dossier > Archives > édition du 12 septembre 2001


 Vendanges : l'art de la vigne a besoin de la science météo 



De loin, les vendanges évoquent une période bénie et la promesse d'un plaisir. Pour les professionnels de la vigne, cela peut tourner au casse-tête, surtout quand la météo s'en mêle. Il faut alors anticiper. Petite histoire de la vigne et de la météo…


Quand la météo se mêle de vin

En septembre et octobre, il faut trouver du temps sec pour vendanger. Si les conditions sont très pluvieuses, le viticulteur devra certes s'en accommoder, mais il essaiera de viser, le plus fréquemment possible, des " fenêtres " sans pluie. Le raisin doit être cueilli si possible bien sec. Cueilli sous la pluie, il peut faire perdre à la récolte un degré, voire davantage. Et il faudra faire vite pour éviter que la pourriture ne s'installe sur les grappes. Pour certains récoltants, la moindre goutte d'eau reporte tout simplement la vendange.
Remontons maintenant dans l'année cette course avec la météo : d'abord la taille, durant les mois d'hiver, travail long et pénible, qu'il est plus confortable d'effectuer par de belles journées ensoleillées que par des journées froides et pluvieuses. Au mois d'avril ensuite, attention aux gelées printanières : elles provoquent la destruction des jeunes feuilles et peuvent, comme en avril 1991, compromettre sérieusement la production de l'année. D'avril à août enfin, s'échelonnent tous les huit à quinze jours les traitements phytosanitaires. Ils sont extrêmement tributaires de la pluie, eux aussi : celle-ci peut les lessiver aussitôt et tout est à recommencer.
C'est donc au moins 8 mois sur 12 que la météo se mêle de notre vin.

 Exemple d'image radar

Un météorologue au cœur des vignes.

Depuis des années, Jean Pierre Pellen, chef prévisionniste dans le Sud Ouest, a affaire aux viticulteurs du Bordelais, dont quelques chäteaux particulièrement exigeants. Ceux-ci sont maintenant friands des images des radars météorologiques : " En complément à nos prévisions générales sur le département, la visualisation en temps réel des images radar permet d'anticiper l'arrivée des pluies sur le domaine viticole et donc de mieux gérer les travaux dans les vignes", explique-t-il.
" Plus tôt dans l'année, durant la période des gelées printanières du 15 mars au 15 mai, nous fournissons des prévisions de température nocturne. Plus exactement, nous fournissons des relevés de température de la nuit précédente et prévoyons la valeur de la variation de température prévue pour la nuit suivante. Cette méthode permet aux viticulteurs de prévoir les températures minimales sur leurs propres parcelles et de mettre en action leurs systèmes de protection ".
Comment voit-il l'avenir pour mieux anticiper les aléas météorologiques que subit la vigne ? " Faire connaître notre savoir - faire, le démontrer et ainsi gagner la confiance des viticulteurs est une première étape essentielle, ainsi que, de notre côté, suivre l'évolution du monde viticole dans ses recherches d'amélioration de la qualité du vin et de gestion du travail. Par la suite, les progrès constants enregistrés dans la qualité des prévisions ne peuvent qu'atténuer les conséquences des aléas météorologiques sur la gestion des activités de la vigne. Nous attendons aussi beaucoup de l'amélioration de la définition, c'est-à-dire de la précision des images des radars ou des satellites. Cette amélioration est programmée dans les prochaines années. "




Haut de page