stratosphère |
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La circulation générale stratosphérique
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Parmi les caractéristiques les plus remarquables de la
circulation générale
dans la stratosphère, l'une se manifeste aux basses latitudes par un changement approximativement périodique dans la
direction
des
vents zonaux
, qui soufflent alternativement vers l'est ou vers l'ouest ; cette inversion du
régime
des
vents
affecte les
courants
de la
zone
équatoriale (entre 12° nord et 12° sud environ), et il se produit chaque fois au terme d'une durée qui peut aller de 24 à 30 mois environ, d'où son nom d'
oscillation quasi biennale
(en abrégé
QBO
, pour
Quasi-Biennal Oscillation
). Alors, le nouveau régime commence à s'établir au-dessus de 30 km d'altitude et envahit la moyenne stratosphère en se propageant vers le bas selon une progression verticale proche de 1 km par mois ; l'amplitude de l'oscillation décroît puis s'annule en dessous de 23 km d'altitude environ, laissant place au régime des vents de la
tropopause
et de la basse stratosphère. On observe que la fréquence d'apparition de
cyclones tropicaux
tend à se renforcer quand les vents de la QBO sont de direction ouest. |
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Un autre phénomène spécifique de la circulation stratosphérique se produit au-dessus des régions polaires et subpolaires, durant l'hiver de l'hémisphère correspondant, et consiste en la formation et la persistance d'un vaste
tourbillon
en
rotation
cyclonique
autour du pôle de l'hémisphère. On appelle ces deux régions en mouvement circulaire les
tourbillons
stratosphériques polaires
(ou les
vortex stratosphériques polaires
, puisque le terme "vortex", emprunté à l'anglais, est souvent utilisé dans ce cas à la place de "tourbillon") ; chacun d'eux se constitue à l'époque où la mise en place de la nuit polaire accentue les différences de
température
entre l'
air
stratosphérique des latitudes moyennes, que continue de traverser dans la journée le
rayonnement solaire
, et celui des hautes latitudes (à des altitudes comparables), que refroidissent des pertes en
énergie de rayonnement
non compensées désormais par l'
absorption
d'
ultraviolets
. Les vents d'est qui, en été, instauraient au-dessus de la région polaire considérée une faible
circulation anticyclonique
sont alors remplacés par des vents d'ouest de plus en plus puissants, qui entretiennent à l'
échelle planétaire
une
subsidence
transportant verticalement vers les basse et moyenne stratosphères l'air de la haute stratosphère et de la basse
mésosphère
; ces vents d'ouest ont une
vitesse
qui augmente selon la
verticale
jusqu'à la
stratopause
et qui, horizontalement, atteint des valeurs maximales au-dessus de régions proches de 60 à 70 degrés de latitude : ils ont alors la
force
d'un véritable
courant-jet
et prennent le nom de
courant-jet de la nuit polaire
ou
courant-jet polaire
. |
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À la fin de l'hiver et au début du printemps, le contraste entre les
températures
des moyennes et des hautes latitudes s'accentue et peut finir par provoquer un effondrement
—
définitif ou temporaire
—
du tourbillon polaire, caractérisé par une invasion d'air chaud des latitudes moyennes dans la stratosphère polaire : celle-ci subit alors un
réchauffement stratosphérique
(appelé aussi
réchauffement explosif
, ou
soudain
, ou
brusque
), au cours duquel la hausse de température de l'air peut aller jusqu'à 50
°C
environ en quelques jours. C'est après un événement de ce genre que se reconstitue généralement la situation prévalant au sortir de l'hiver ; mais auparavant, la "frontière" formée à travers toute la stratosphère par le courant-jet polaire aura isolé durant plusieurs mois la
masse d'air
très froide du tourbillon polaire dominant les hautes latitudes. On constate toutefois que ce confinement s'opère de façon nettement plus longue et plus marquée dans l'hémisphère Sud que dans l'hémisphère Nord. |
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La stratosphère antarctique et le trou d'ozone
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La présence d'
ozone
dans la stratosphère est le résultat de deux processus chimiques antagonistes. L'un est consécutif à une
photodissociation
sous l'effet de la
lumière
, dont certains rayons ultraviolets très énergétiques provoquent une scission des molécules d'oxygène diatomique O
2
: chacun des atomes d'oxygène ainsi libérés peut alors rencontrer une autre molécule O
2
pour former avec elle de l'oxygène triatomique O
3
, donc de l'ozone. L'autre processus consiste en une décomposition de cet ozone, sous l'effet là encore du rayonnement solaire, mais combiné cette fois à des réactions chimiques impliquant notamment des composés porteurs d'azote et d'halogènes comme le chlore ou le brome. L'ozone ainsi formé, produit essentiellement au-dessus des régions tropicales, est dispersé ensuite à travers toute l'
ozonosphère
grâce à la circulation générale stratosphérique. |
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Les composés se trouvant à l'état naturel dans la stratosphère tendent donc à y limiter la formation d'ozone, dont les processus de production et de décomposition se compensent jusqu'à établir un état d'équilibre ; mais cet état est compromis quand des produits artificiels, tels que les
chlorofluorocarbures
, accentuent la décomposition de l'ozone aux dépens de sa production : c'est alors que se produit une diminution de la
proportion volumique
d'ozone et, en conséquence, un amincissement de la
couche d'ozone
, qui est connu sous le nom de
trou d'ozone
. Cet amincissement, en fait, est très épars dans l'espace et dans le temps. Toutefois, il prend une importance et une dimension exceptionnelles, lors du printemps austral, à l'intérieur du tourbillon stratosphérique polaire qui tourne au-dessus du continent antarctique : durant l'hiver austral qui précède cette
saison
, la persistance de la nuit polaire et l'isolement de l'air confiné dans ce vortex auront entraîné la chute de la température stratosphérique jusqu'en deçà de - 80 °C, rendant dès lors possible la formation de
nuages
stratosphériques polaires
, qui prennent souvent l'aspect de
nuages nacrés
(ils apparaissent aussi pendant l'hiver boréal au-dessus des régions arctiques) ; or, l'intervention de certains composés artificiels à la surface de ces
milieux condensés
, qui sont constitués de cristaux de
glace
et d'acide nitrique, favorise le déclenchement de réactions chimiques productrices de chlore et de brome. Puis, au retour du rayonnement solaire, l'action des ultraviolets s'associe aux corps chimiques ainsi produits pour entraîner la destruction de l'ozone alors présent, sans que celui-ci puisse être remplacé, car il n'existe pas d'apport d'ozone en cette saison vers l'Antarctique : dans de telles conditions, le volume d'ozone stratosphérique surmontant cette immense région ne peut que diminuer considérablement
—
de plus de moitié quelquefois
—
à cette époque de l'année. |
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