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 effet de serre 

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Les nuages et l'effet de serre

Grâce à ses capacités d' absorption et de réémission de l' infrarouge dans de larges créneaux de longueurs d'onde (principalement de 5,5 à 7 µm et de 20 à 100 µm) qui participent fortement au rayonnement électromagnétique émis par la surface terrestre, l'eau atmosphérique est de loin le premier agent de l'effet de serre. C'est par là que s'explique la propriété bien connue que possèdent les nuages de réduire les variations diurnes de température : par ciel clair , en effet, le bilan radiatif en surface croît rapidement après le lever du soleil , reste nettement positif pendant le jour, puis décroît rapidement vers le soir et devient modérément négatif tout au long de la nuit sous l'effet du rayonnement terrestre ; mais par ciel nuageux , l'effet de serre s'amplifie, la croissance matinale du bilan radiatif et sa décroissance vespérale se font plus lentes, et ce bilan lui-même est moins positif le jour, moins négatif la nuit, d'autant que la base des nuages émet à son tour dans l'infrarouge vers la surface terrestre. Ainsi les nuages ont-ils la faculté de modérer les différences de température entre le jour et la nuit, tandis qu'à l'inverse, on assiste à des chutes spectaculaires de température après le coucher du soleil dans les régions désertiques, où l' atmosphère est très pauvre en vapeur d'eau .

L'influence de la nébulosité sur la température de la basse atmosphère est toutefois complexe : d'un côté, les nuages contribuent à l'effet de serre et donc au réchauffement de la surface terrestre, mais de l'autre ils favorisent son refroidissement par l' effet albédo qu'ils entretiennent en réfléchissant vers l'espace une part importante du rayonnement solaire . Il existe à cet égard toute une gamme de comportements suivant les genres de nuages : ainsi, les stratus tendent à refroidir la surface terrestre, car ils réfléchissent beaucoup le rayonnement solaire et émettent vers le haut de grandes quantités d' infrarouge thermique , tandis que les cirrus , qui réagissent de façon exactement opposée, inclinent au réchauffement de cette surface. Cet exemple témoigne de la probabilité d'actions en retour contradictoires de la part des nuages en cas de réchauffement de la troposphère : une température plus élevée entraînerait davantage d' humidité atmosphérique, donc davantage de nébulosité, d'où peut-être une baisse de température ; on voit ainsi qu'il n'est pas si simple qu'il y paraît de conclure à une élévation uniforme de la température en cas d'amplification de l'effet de serre.


Effet de serre et profil vertical de température

Ainsi qu'il est précisé dans l'article de La météo de A à Z relatif à la pression atmosphérique (cf. résumé sur la relation entre profils verticaux de pression et de température), ce ne sont pas les facteurs mécaniques qui déterminent en premier les profils thermiques verticaux des différentes couches de l'atmosphère : ces facteurs agissent secondairement par rapport aux facteurs radiatifs, qui établissent le dessin général des variations verticales de la température à partir des sources et des puits de chaleur que recèle chaque couche. De ce point de vue, la troposphère se distingue radicalement de la moyenne atmosphère et de la haute atmosphère par une faible influence des réactions photochimiques et par la présence d'une forte teneur en vapeur d'eau : ces deux éléments réunis expliquent que la répartition verticale du bilan des émissions et absorptions liées à l'effet de serre soit, bien plus que les autres sources et puits de chaleur troposphériques, la raison essentielle du profil vertical de température dans la basse atmosphère. Effectivement, plus l'on s'y élève et moins la masse d'eau émettant du rayonnement infrarouge vers le bas est importante, d'où une perte croissante en énergie de rayonnement que ne compensent ni l'énergie rayonnée par une surface terrestre de plus en plus distante, ni le rayonnement solaire incident auquel l'atmosphère reste largement transparente ; le bilan radiatif, devenant ainsi de plus en plus négatif avec l'altitude, entraîne une décroissance verticale de la température, que renforce une action en retour de l'humidité (l'effet de serre, maximal près de la surface terrestre, s'atténue quand croît l'altitude, et la décroissance consécutive de la température entraîne une diminution de la quantité maximale de vapeur d'eau admissible dans l' air , laquelle atténue à son tour l'effet de serre).

Des modèles numériques s'appuyant uniquement sur de tels facteurs radiatifs ont été utilisés pour reconstituer par la théorie le profil moyen de la répartition verticale de température de la troposphère réelle. Ces modèles ont révélé plusieurs défauts, principalement : une discontinuité entre les températures des basses couches de l'atmosphère et la température de la surface terrestre, cette dernière étant bien trop élevée (de l'ordre de 60 °C ) ; un gradient trop rapide en ce qui concerne la variation verticale de la température, variation qui eût produit en fait une instabilité forte et permanente de la troposphère ; enfin, une tropopause trop basse, décalée de 3 km de hauteur en moyenne par rapport à la moyenne réelle.

L'explication de ces défauts réside dans une absence de prise en compte du rôle joué par la convection atmosphérique. Celle-ci transmet l'échauffement de la surface terrestre grâce aux flux de chaleur sensible et de chaleur latente qu'elle intègre à la dynamique atmosphérique ; elle brasse les masses d'air instables et modifie ainsi leur profil vertical de température de façon à ce qu'il n'excède plus celui de l'équilibre adiabatique ou (en cas de saturation ) pseudoadiabatique ; elle génère enfin des courants ascendants d'une puissance suffisante pour soulever la tropopause à un niveau supérieur à celui où la maintiendrait le seul équilibre radiatif (cet effet est particulièrement marqué dans les régions tropicales, là où la convection est la plus puissante) : la tropopause apparaît ainsi comme la limite des couches atmosphériques où, premièrement, l'effet de serre joue fortement, et deuxièmement, la convection tempère fortement son influence. En résumé, l'on constate que le profil thermique vertical de la troposphère a pour support essentiel l'action conjuguée de l'effet de serre et de la convection, qui apparaît ici comme un facteur de rééquilibrage vertical de l'atmosphère.


Voir aussi

 équilibre radiatif




 EN SAVOIR PLUS  

 
Dossier thématique Effet de serre .

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