effet de serre |
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Rôle et fragilité de l'effet de serre
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Le
rayonnement
superficiel de la Terre, tel que peut l'analyser un observateur depuis l'espace interplanétaire, correspond à une
température
superficielle moyenne de - 18
°C
, alors que la moyenne de la température à la surface du globe, pour les habitants vivant sur cette surface, reste proche de + 15 °C. Il se trouve en effet que les instruments de mesure utilisés par l'observateur situé dans l'espace captent les
rayonnements
émis non seulement par l'océan, le sol et les basses couches de l'
atmosphère
, mais aussi par les couches plus élevées, qui sont globalement plus froides ; la différence entre les deux
températures
est donc essentiellement due à la présence de la
troposphère
, laquelle regroupe la très grande majorité de la masse atmosphérique et contient, avec l'eau et le
gaz carbonique
, la plupart des substances entretenant l'effet de serre : si cet effet cessait de s'exercer, le taux de décroissance du
profil vertical de température
troposphérique (ou
gradient
thermique
vertical
), qui est maintenu négatif grâce à la conjugaison de l'effet de serre et de la
convection
, tendrait à s'annuler, ce qui soumettrait la surface de la Terre à un refroidissement tel que toute vie deviendrait impossible. |
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Ce n'est donc pas l'effet de serre qui est nuisible au maintien de l'activité biologique : bien au contraire, il en est une condition
sine qua non
. Cependant, l'équilibre énergétique sur lequel il se fonde n'est pas sans fragilité, et sa modification
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déjà avérée à plusieurs reprises dans le passé géologique de notre planète
—
peut induire une évolution progressive du
climat
mondial, se traduisant inexorablement par des répartitions nouvelles des manifestations du
temps sensible
et des phénomènes météorologiques qui s'y rattachent. Or, parmi les facteurs susceptibles de déclencher une telle évolution figure l'augmentation de la teneur de l'atmosphère en gaz participant à l'effet de serre (voir l'
encart 4
), telle que mesurée par leur
composition volumétrique
: dans de telles conditions, il est plausible que l'énergie du
rayonnement infrarouge
absorbé par ces gaz puis réémis vers la surface terrestre augmente au point de déclencher une élévation modérée mais persistante de la moyenne de température dans les basses couches de la troposphère. |
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L'effet de serre au futur
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Le constat actuel d'une croissance continue de la température atmosphérique moyenne, qui a été indubitablement prouvé par les mesures d'
observation météorologique
, soulève deux questions complémentaires : premièrement, dans quelle mesure cette croissance est-elle le fruit d'une évolution naturelle du climat, et dans quelle mesure provient-elle au contraire de l'augmentation de la teneur en gaz à effet de serre
—
notamment le gaz carbonique
—
à la suite de l'activité humaine ? et deuxièmement, dans quelle mesure ce réchauffement peut-il entraîner des modifications des différents
climats
, et de quelle nature seront ces modifications ? Les réponses à ces questions sont des plus délicates à fournir : en fait, l'évolution du système climatique résulte d'effets qui s'atténuent ou s'amplifient mutuellement en fonction de diverses actions en retour négatives ou positives, et parfois une variation modeste de l'un de ces effets suffit à y déclencher des transformations considérables ; en outre, les données climatologiques ne sont pas encore assez denses dans l'espace atmosphérique, ni assez étalées dans la durée, ni assez précises en qualité, pour que nous saisissions comme il convient la part qui, dans cette évolution, revient aux réactions en provenance de trois facteurs essentiels : les
nuages
, la
cryosphère
et surtout l'océan. En tout état de cause, cependant, on se doit de reconnaître la validité d'hypothèses relevant de scénarios pessimistes, qui impliquent à terme non seulement une élévation du
niveau moyen de la mer
, mais aussi des changements profonds dans les
régimes climatiques
de certaines zones géographiques et de certains phénomènes météorologiques ainsi que des évolutions trop rapides, donc néfastes, des écosystèmes correspondants. |
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De ce fait, la communauté scientifique agrée dans sa grande majorité l'idée de la nécessité d'une intervention des pouvoirs politiques afin de maîtriser les risques consécutifs à une intensification de l'effet de serre. Toutefois, les enjeux économiques d'une part, les incertitudes persistantes d'autre part, rendent difficile à cet égard le passage à des prises de décision applicables à l'échelle mondiale. Un moyen efficace pour affermir ce passage consisterait sans doute à établir publiquement et nettement les distinctions que les vecteurs de l'information doivent respecter entre les faits établis, les hypothèses plausibles et les simples supputations quant à l'évolution de l'effet de serre et à ses conséquences. |


EN SAVOIR PLUS
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