réfraction |
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La formulation des lois de la réfraction
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De même que la
réflexion
et la
diffraction
, la réfraction est en réalité un processus ondulatoire, qui peut se manifester dans toutes les catégories d'onde, et notamment les ondes acoustiques et les
ondes électromagnétiques
—
parmi lesquelles figurent, bien sûr, les
ondes lumineuses
constituant le
rayonnement solaire
. Ainsi, dans la description géométrique esquissée ci-dessus (de façon analogue à l'article relatif à la
réflexion
), chaque rayon lumineux schématise une direction de propagation d'une
onde lumineuse
: cette direction éprouve un changement discontinu, immédiatement consécutif au passage du
front d'onde
à travers la surface (S) délimitant le milieu adjacent dans lequel pénètre une partie au moins du
rayonnement incident
. Cette partie, formant le rayonnement réfracté, subit alors dans sa vitesse de propagation des changements qui dépendent entre autres des
longueurs d'onde
de ses composantes spectrales et des propriétés du nouveau milieu où elle se déplace, cela sans que la
longueur d'onde
de chaque
rayonnement monochromatique
composant ce
rayonnement
ait été modifiée. Cependant, le spectre global de longueurs d'onde du rayonnement réfracté sera modifié par rapport à celui du rayonnement incident en cas de réflexion ou d'
absorption
différentielles d'une partie de ce dernier au contact de la surface d'incidence ; de plus, il peut apparaître au passage de l'interface de séparation un phénomène de décomposition du rayonnement : en effet, si un rayon incident réunit des rayons composants qui diffèrent entre eux par leurs longueurs d'onde, et donc par leurs indices de réfraction du second milieu par rapport au premier, le rayon réfracté ne restera pas une droite, mais se déploiera plus ou moins en éventail, produisant une
dispersion du rayonnement
en fonction des valeurs de ces indices. |
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Géométriquement, on associe à l'
angle d'incidence
i
= (
IN
,
IM
), au point d'incidence I, l'
angle de réfraction
r
= (
IN'
,
IP
) entre la perpendiculaire en I à (S) et la direction du rayon réfracté, ces deux angles aigus étant comptés entre 0° et 90°. On montre dans ces conditions que si une onde de fréquence donnée se propage à la vitesse
u
i
dans le milieu initial et à la vitesse
u
r
dans le nouveau milieu (l'un quelconque de ces milieux pouvant être le vide), alors la droite NIN' et les rayons MI et IP se trouvent dans un même plan et, en outre, le changement de direction des rayons passant de l'un à l'autre milieu s'exprime par la relation |
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où
n
, indice de réfraction du second milieu par rapport au premier, est égal au rapport
u
i
/
u
r
des vitesses de propagation de l'onde dans les deux milieux successifs (cette relation entre sinus est appelée la
loi de Snell-Descartes
ou
loi de Snell
, d'après les noms de l'astronome et mathématicien hollandais Willebrord Snell Van Royen, dit Villebrordus Snellius [1580 ou 1581-1626], qui la formula, et du philosophe et savant français René Descartes [1596-1650], qui l'énonça à son tour et la publia). Il en résulte en particulier que lorsque
n
est supérieur à 1
—
c'est le cas d'une
lumière
passant de l'
air
à l'eau
—
, il existe une valeur maximale ou
angle limite de réfraction
r
M
pour
r
, atteinte pour des rayons incidents presque rasants et telle que sin
r
M
= 1 /
n
, tandis que lorsque
n
est inférieur à 1, au contraire, les rayons incidents ne peuvent pénétrer dans le second milieu que si la valeur de
i
ne dépasse pas celle de l'
angle limite d'incidence
i
M
défini par sin
i
M
=
n
, pour laquelle l'angle de réfraction est pratiquement droit : dans ce dernier cas, tout rayon incident pour lequel
i
>
i
M
subit une
réflexion totale
. |
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La réfraction de la lumière et l'atmosphère
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Un rayonnement capable d'être réfracté dans un certain milieu y est dit "réfrangible", et un milieu capable de réfracter un rayonnement est dit "réfringent" par rapport à celui-ci. L'
atmosphère
est ainsi un milieu réfringent pour le
rayonnement lumineux
, qui y est réfrangible. Dans ce cas des ondes lumineuses, l'indice de réfraction de l'air par rapport au vide (où la lumière se propage à une vitesse constante
c
presque égale à 300 000 km/s) est à peine supérieur à 1, si bien que l'air est souvent employé comme milieu initial de référence pour évaluer les autres indices de réfraction. Cependant, cet indice est variable avec la
masse volumique
des
couches atmosphériques
traversées par les rayons lumineux, dont les directions peuvent alors se courber de plus en plus du fait de réfractions successives. Ce sont ces successions d'infléchissements qui expliquent certains phénomènes optiques, comme l'avance de l'apparition du
Soleil
au-dessus de l'horizon sur l'instant réel de son lever et le retard de sa disparition derrière l'horizon par rapport à l'instant réel de son coucher (les rayons solaires se courbent davantage vers la Terre à mesure qu'ils traversent des couches d'air plus denses), ou parfois le déplacement apparent d'un objet éloigné en comparaison de sa position réelle (la masse volumique de la couche d'air où se trouvent l'objet et l'observateur subit une variation horizontale) ; citons encore les nombreuses variantes de
mirages
, que favorisent par exemple les
inversions de température
au-dessus de surfaces froides (le paysage semble alors se dessiner assez haut dans le ciel) ou, tout au contraire, les réchauffements intenses de basses couches au-dessus de surfaces réfléchissantes telles que plans d'eau, routes, etc. (l'image formée par réflexion en dessous du paysage semble alors se dessiner près du sol). |
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Par ailleurs, l'indice de réfraction
n
λ
d'un milieu par rapport à l'air
—
identifiable à son indice de réfraction par rapport au vide
—
est variable avec la fréquence
ν
de chaque rayonnement monochromatique qui passe de l'air à ce milieu, ou, ce qui est équivalent, avec la longueur d'onde dans le vide
λ
de ce rayonnement, telle que
λ
=
c
/
ν
. Une approximation satisfaisante de cette variation est donnée par la
loi de Cauchy
(proposée par Augustin, baron Cauchy [1789-1857], mathématicien français), |
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dans laquelle les constantes positives
a
0
et
a
1
sont à préciser chaque fois suivant les caractéristiques physiques du milieu réfringent : ainsi,
n
λ
est d'autant plus grand que
λ
est plus petit. Or, la loi de Snell-Descartes montre que pour un angle d'incidence
i
donné, l'angle de réfraction
r
(alors inférieur à
i
) est d'autant plus petit que
n
λ
est plus grand : on comprend ainsi que dans les dispersions de la lumière blanche par réfraction, les couleurs s'ordonnent par déviations croissantes à mesure que décroissent les longueurs d'onde (ou que croissent les fréquences), depuis le rouge jusqu'au violet. Cet agencement des couleurs se retrouve non seulement dans les
arcs-en-ciel
et les
halos
, mais aussi dans d'autres phénomènes de réfraction atmosphérique, comme le
rayon vert
, qui est un bref éclat à dominante émeraude lancé par le Soleil (ou même par quelque autre astre) au moment de franchir l'horizon le matin ou le soir : alors, le spectre des images colorées de l'astre défile verticalement face à l'observateur, mais seul le vert, par conditions très favorables, y tracera sa marque entre les teintes orangées, trop soumises à absorption, et les teintes bleutées, trop soumises à
diffusion
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