Situation géographique
Dominant les Cévennes et le Languedoc, l'observatoire du mont Aigoual,
dernière station météo de montagne en activité
en France, se dresse au sommet de l'Aigoual à 1567 m d'altitude.
Depuis 1894 des hommes et des machines surveillent le ciel de France.
Par beau temps un vaste panorama s'offre devant vous, du mont Ventoux
au Mont-Blanc, du Canigou au pic du Midi, de la chaîne des Puys
à la Méditerranée.
L'Aigoual constitue le dernier observatoire météorologique
de montagne en France.
Vue aérienne de la forteresse à la fin de l'hiver
Une brume de vallée s'élève sur le village endormi
Historique de l'observatoire
Au milieu du XIXème siècle, dans ces vallées blotties
au pied de l'Aigoual, de terribles crues et des tonnes de pierres roulées
par les flots emportent et ruinent les filatures et les moulins. Un
cataclysme dont les hommes portent en partie la responsabilité
pour avoir totalement détruit la forêt qui retenait les
terres du massif. Face à ces désastres successifs, le
service des reboisements songe à créer sur la montagne
de l'Aigoual un vaste massif protecteur constitué de forêts
domaniales.
C'est ainsi que Georges FABRE, rêvant de redonner à son
pays sa parure d'antan, lance le projet à partir de 1880, d'une
station expérimentale de météorologie forestière
sur l'Aigoual. Il fallut 7 ans, de 1887 à 1893, à raison
de 70 jours de travail par an pour construire l'observatoire, véritable
forteresse, aujourd'hui sous la direction de Météo-France.
Fonctionnement de l'Observatoire de 1894 à 1943
Les registres d'observation ont été tenus à partir
du 1er décembre 1894 par le forestier Blanc, premier occupant
de l'observatoire, venant du mont Ventoux.
Dès 1897, le Club Alpin Français fait édifier un
refuge en bois au nord du bâtiment. Les touristes commencent à
visiter l'observatoire : il y en a 1250 en 1898, chiffre respectable
si l'on songe que l'on se rendait au sommet soit à pied, soit
en voiture à cheval.
Plus tard, par manque de personnel, l'observatoire ne fut plus ouvert
aux touristes. Mais avec des routes confortables et l'abondance de voitures
particulières leur nombre ne cessa de s'accroître, pour
le panorama grandiose que l'Aigoual donne à voir, encore aujourd'hui.
Par la suite divers projets d'aménagement ou d'agrandissement
fleurissent mais bien peu se réalisent.
L'Observatoire de 1943 à 2000
L'observatoire passe sous la direction de la Météorologie
Nationale en mai 1943. L'effectif maximum est atteint en 1947 avec un
chef de station, quatre météos, un cuisinier, une femme
de ménage et une secrétaire à mi-temps, tout le
monde vivant au sommet avec femmes et enfants. L'observatoire est surpeuplé
: un petit immeuble est construit au Vigan et il ne reste plus au sommet
qu'un ou deux observateurs, le cuisinier et le mécanicien. Au
fil des ans, les conditions s'améliorent, bien que l'observatoire
soit encore isolé l'hiver ( les chasse-neige ne montent qu'à
partir de 1955 ).
Si en 1943, l'utilité des stations de montagne ne fait aucun
doute pour la direction de la Météorologie, avec l'amélioration
des radiosondages et l'apparition de nouveaux moyens de mesure pour
explorer l'atmosphère (satellites et radars), elle s'en désintéresse
progressivement ( le mont Ventoux ferme en 1968 ). L'avenir de l'observatoire
est bien sombre et il faut toute la ténacité du météo
restant, Christian Proust, travaillant seul durant 18 mois et ne ménageant
aucun effort pour sensibiliser les autorités locales afin que
l'Aigoual continue à vivre. Ses efforts ne resteront pas vains
puisqu'en 1974, un météo sera affecté, suivi en
1975 d'un ouvrier, Alfred Puech ; ce dernier, bricoleur génial
est à l'origine de la restauration complète du bâtiment.
Il semble qu'un sursis soit accordé, malgré la fermeture
du puy de Dôme en 1982. En 1981, Christian Proust est remplacé
par Jean Boulet, actuel chef de station. Ce dernier, conscient de l'engouement
du public pour la météo crée avec le personnel
en poste une première exposition en 1985.
Depuis, face aux nombreux touristes venant la visiter, l'exposition
s'est étendue et améliorée pour atteindre aujourd'hui
plus de 500 m².
L'observatoire à la fin du XIXe siècle
Exposition musée météo
Dans ce site extraordinaire par sa beauté et par ses conditions
climatiques extrêmes, les météorologistes vous invitent
à découvrir l'exposition et le musée météorologiques
situés dans les locaux de l'observatoire.
La première partie de l'exposition présente les
activités de Météo France, l'observation, la prévision
et la climatologie. Les météorologistes en poste expliquent
leur travail et répondent aux questions en utilisant des outils
qui permettent au public de visualiser et de suivre la situation météorologique
en temps réel. De nombreux panneaux explicatifs (schémas
et photos) ainsi qu'une maquette sur le temps relevé quotidiennement
par 170 centres internationaux expliquent les techniques utilisées
par les météos de part le monde. Vous pouvez ainsi voir
évoluer les nuages grâce aux images satellite, découvrir
les instruments météorologiques, les cartes, les statistiques
climatologiques ainsi que les différents phénomènes
atmosphériques.
La seconde partie est dédiée au mont Aigoual à
travers les saisons. Vous pouvez rêver devant les 800 photographies
d'été, d'automne, d'hiver et de printemps, ainsi que devant
le film vidéo ou le diaporama sur grand écran qui relate
les conditions de vie et de travail à l'observatoire.
La troisième partie située dans les caves de l'observatoire
concerne l'histoire de l'Aigoual, c'est le musée : il présente
les différents appareils de mesure utilisés de la fin
du 19ème siècle à nos jours ainsi que les registres
de données météo effectuées au début
du siècle ; de nombreuses photos liées au reboisement
du massif de l'Aigoual y sont exposées ; la visite se termine
par des maquettes matérialisant en trois dimensions les principales
perturbations atmosphériques ainsi que le cycle de l'eau.
Eric Diot, météorologiste à l'Aigoual et le
public enthousiaste
Pluvioscope de Hervé Mangon
Horaires d'ouverture
Du 1er mai au 30 septembre : tous les jours de 10h00 à 13h00
et de 14h00 à 18h00 sauf en juillet et août ouverture continue
de 10h00 à 19h00.
Hors période estivale : sur réservation pour les groupes
Tarif : entrée libre
Le parcours pour la visite de l'expo-musée
Climatologie
Du fait de sa situation géographique et de son altitude (1567
m), la station du mont Aigoual est soumise à des conditions climatiques
rudes. Les paramètres météo mesurés de manière
continue, prennent souvent des valeurs exceptionnelles.
En voici quelques exemples :
Record de vent
Moyenne sur 24 heures : 170 km/h
Rafale maximale : 360 km/h (estimée)
Vent supérieur à 60 km/h : 265 jours/an
Vent supérieur à 100 km/h : 95 jours/an
Record de précipitations
En un an : 4015 mm
En 24 heures : 608 mm
Pour un mois : 1239 mm
Record de chutes de neige
En un an : 10.39 m
Pour un mois : 4.49 m
En 24 heures : 1.86 m
164 jours de pluie ou de neige par an
Record de températures
Minimum absolu : -28 °C
Maximum absolu : + 28 °C
Variation sur 30 minutes : 6°C
Autres paramètres
Epaisseur de givre pouvant atteindre 120 cm en 24 heures
Nombre de jours avec sol couvert de neige : 118 par an
Nombre de jours avec brouillard : 241 par an
Quelques coups de tabac
3, 4 et 5 février 1916 : ouragan de sud, impossibilité
de sortir, les vitres sont brisées, l'abri météo
est endommagé. Il est tombé au moins 1.80 m de neige en
2 jours (c'est une valeur estimée car la neige est emportée
par le vent). Le 4 février le vent atteint 73 m/s soit 260 km/h.
31 octobre 1963 : il tombe 607 mm de pluie en 24 h.
4 et 5 décembre 1966 : tempête de nord et givrage
important, épaisseur totale de givre atteignant 239 cm, avec
120 cm formés en 24 h
1er novembre 1968 : ouragan de sud, le vent moyen sur la journée
est de 47.4 m/s, soit 171 km/h avec des rafales maximales dépassant
100 m/s ( 360 km/h ). Plus de 200 mm de pluie en 24 h avec un fort orage
le soir. Vent moyen maximum 67 m/s (241 km/h).
18, 19 et 20 février 1976 : forte tempête de neige,
316 mm de précipitations sous forme de neige, dont 186.4 mm en
24 h (soit 1.86 m de neige).
Hiver 1995-1996 : c'est l'hiver le plus enneigé depuis
le début des relevés en 1894, avec 10.39 m de neige fraîche
cumulée, dont 1.24 m en décembre, 2.67 m en janvier, 4.49
m en février (qui est le record mensuel de chute de neige) et
1.62 m en mars. Ce même mois, l'épaisseur de la couche
de neige était de 2.60 m avec des congères de plus de
8 m d'épaisseur.
L'Aigoual prisonnier des congères
Le pylône des capteurs-vent habillé de givre
Missions quotidiennes
L'effectif de la station est actuellement d'un chef de station, de quatre
météorologistes, de trois ouvriers de maintenance et d'un
spécialiste en électronique.
L'observatoire est occupé jour et nuit, au minimum, par un technicien
et un ouvrier.
Le travail quotidien de l'observatoire consiste à observer le
temps d'une façon continue, à adapter les prévisions
nationales des modèles de Météo-France pour élaborer
des prévisions fines sur le massif de l'Aigoual afin de satisfaire
les demandes locales.
L'observation et la mesure sont la base de la météorologie
: pour prévoir le temps, mais aussi pour mémoriser les
conditions climatiques.
Du haut de la tour du mont Aigoual, le météorologiste,
tel un veilleur attentif scrute le ciel, aidé pour cela des moyens
les plus modernes.
La salle d'observation est équipée d'une station automatique
Myria reliée à un coffret de réception satellite.
Cela permet de recevoir et d'émettre des informations météo
24 h/24 h grâce à une parabole. La station est reliée
aux instruments automatiques du parc et elle enregistre en permanence
la température, l'humidité, la pression atmosphérique,
la vitesse et la direction du vent.
Les météorologistes vérifient l'exactitude des
données avec des instruments de contrôle à lecture
directe qui sont placés à l'extérieur du bâtiment
et complètent les données relevées automatiquement
par des données visuelles (type de temps et de nuages, visibilité).
Mais le météorologiste en poste jour et nuit dans un site
soumis à des conditions extrêmes et rudes doit savoir faire
face à l'imprévu : entretenir et réparer les appareils,
déblayer la neige qui rend l'accès impossible, et bien
entendu faire la cuisine, assurer un minimum de tâches qui rendent
la vie plus agréable et confortable,...de quoi occuper les longues
soirées d'hiver !
Qui sait si parfois un pèlerin égaré dans la montagne
ne vient-il pas frapper à la porte en quête de chaleur
et alors l'observatoire se transforme en gîte d'accueil ?
Le météorologiste, Eric Diot, note les valeurs de la pression
Beau, blanc et froid : conditions extrêmes !
Centre d'essais industriels
L'Observatoire du mont Aigoual à la disposition des laboratoires
et des entreprises
Depuis quelques années, l'observatoire météorologique
du mont Aigoual développe des activités dans le domaine
de l'expérimentation en milieu naturel.
Des organismes extérieurs peuvent ainsi bénéficier
du potentiel technique et humain du site pour réaliser des tests
en situation météorologique extrême.
Un capteur-vent prisonnier du givre
Un potentiel d'expérimentation
• Détection et mesure de l'épaisseur de givre ainsi
que tests de système de réchauffage pour son élimination
• Analyse de l'eau et de l'air
• Tests de fiabilité sur sonde de température et
d'humidité
• Comparaison internationale de capteurs de vent regroupant 30
capteurs de onze pays différents et tests d'éoliennes
• Acquisition des données d'une station automatique de
mesures météo
• Tests d'étanchéité sur armoires et coffrets
et matériaux d'étanchéité
• Tests d'antennes Hertziennes: résistance mécanique
et étude de la propagation des ondes radio par conditions de
givre
• Tests sur capteurs pluviométriques
• Mesure des rayons ultraviolets pour application sur des matériaux
plastiques (entre autres )
• Détection électronique de champ magnétique
en période d'orage
• Essais mécaniques de disjoncteurs haute tension
• Etude du comportement de peintures et de vernis
• Tests aux intempéries, de matériaux de couverture,
parement de bois.
Un potentiel technique
Equipements :
Salle de contrôle équipée de 4 ordinateurs couplés
en réseau avec possibilité d'établir des liaisons
déportées par l'intermédiaire de modem.
Système d'acquisition programmable connecté au réseau
informatique, pouvant acquérir des signaux de type : tension,
fréquence, courant, etc.
Réseau électrique alimenté par câble souterrain
(22 kV), connecté à un transformateur privé délivrant
une tension 380/220 V pour une puissance de 50 KVA. Deux groupes électrogènes
débitant sur des onduleurs permettent d'obtenir une parfaite
protection contre les perturbations secteur.
Liaison Numéris.
Micro-ordinateur et oscilloscope portables pour dépannage extérieur,
matériel de maintenance courant (électronique et électrique)
Parc instrumental :
D'une superficie de 400 m² (extension en cours), il est équipé
de deux pylônes d'une hauteur de 10 m afin d'assurer un environnement
acceptable pour les mesures de vent.
Logistique :
Deux véhicules 4 x 4 permettant d'accéder à l'observatoire
en hiver, assistés d'engins de déneigement si nécessaire.
Une équipe de 4 personnes peut séjourner à l'observatoire
du mont Aigoual, et il est possible de stocker du matériel.
La salle de contrôle
Le parc à instruments sort de l'hiver
Nous sommes prêts à collaborer pour toutes autres expériences,
après étude de faisabilité réalisée
par Météo-France.
Contacts
Météo-France
Observatoire Météo du mont Aigoual
30570 Valleraugue
Tél : 04 67 82 60 01 / 04 67 82 64 14
Fax : 04 67 82 65 05
E-mail : aigoual@meteo.fr
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