Un dispositif d'observation humaine sur les Alpes,
les Pyrénées et la Corse
Le réseau nivométéorologique
: 140 points de mesure, situés entre 1000
et 2000 m d'altitude fournissent 2 fois par jour, à
8 h et à 13 h, une série d'observations nivométéorologiques.
Au
moins une fois par semaine, un sondage par battage est réalisé
dans le manteau neigeux, associé à un profil statigraphique.
Ces mesures, effectuées le plus souvent au-dessus de
2000 m, ont pour but d'évaluer la stabilité du
manteau neigeux en caractérisant chacune des couches
par une dureté, une température, un type de grains
de neige, une masse volumique et une teneur en eau liquide.
Voir la photo d'un sondage
Ce dispositif est le fruit d'un partenariat entre les stations
de sports d'hiver et Météo-France. Services des
pistes, gendarmes et CRS de montagne, agents de l'ONF et du
Service de Restauration des Terrains de Montagne collaborent
au fonctionnement du réseau.
Des stations automatiques
Le
réseau de stations automatiques : en complément
de ce réseau humain, une vingtaine de stations automatiques
"NIVOSE", alimentées en énergie par
des panneaux solaires, sont étagées entre 1500
et 3100 m. Elles transmettent en temps quasi réel, via
des balises Argos ou Météosat, des données
sur la hauteur de neige au sol, le vent, la température
et l'humidité de l'air.
Mesures nivométéorologiques
: vent, nuages, température, précipitations
neigeuses ou pluvieuses, qualité de la neige, hauteur
de neige au sol, résistance de la couche superficielle,
avalanches observées ....
Voir la photo d'une station Nivose
Voir la photo sur l'observation
Simulation numérique
1ère étape : l'analyse de la situation
Le système d'analyse, Safran, traite l'ensemble des données
météorologiques - températures, précipitations,
vent, rayonnement, etc - qui commandent les transformations
du manteau neigeux. Son rôle est de décrire la
situation à un instant donné.
2ème étape : la simulation de l'évolution
du manteau neigeux Le
modèle Crocus utilise ces données pour simuler
l'évolution du manteau neigeux. Par des calculs basés
sur la physique, ce modèle d'évolution énergétique
du manteau neigeux décrit les modifications subies par
chacune des strates constitutives du manteau : formes et tailles
des grains de neige, densité, humidité...
Voir le graphique du manteau neigeux
3ème étape : une aide à la prévision
Le modèle expert, Mepra, reçoit toutes les informations
du modèle Crocus. En utilisant des méthodes qui
reproduisent le raisonnement humain, ce dernier maillon de la
chaîne estime les risques d'avalanches par tranches d'altitude,
versants et expositions. Ces informations constituent une aide
appréciable pour le prévisionniste avalanche de
Météo-France.
Voir un graphique de risque d'avalanche
Évaluation du risque
Des Centres Départementaux spécialisés
Neuf
centres départementaux de Météo-France
collectent et analysent les données issues des réseaux
d'observation de leur zone de responsabilité (un ou deux
départements). A partir de ces informations, le nivologue
décrit chaque jour l'état du manteau neigeux,
en terme de qualité et de stabilité. Son échelle
de travail est le massif (quelques centaines de km²).
Puis, à partir de cet état initial et des conditions
météorologiques prévues, il prévoit
l'évolution du manteau neigeux, en déduit le risque
d'avalanche (intensité et nature du risque, localisation)
en prenant comme référence l'échelle européenne
à 5 indices.
Voir la carte des Alpes
Voir la carte de la Corse
Une coordination
régionale
Lorsque le risque devient très important et menaçant
pour la sécurité des personnes et des biens, deux
de ces Centres, Saint Martin d'Hères pour les Alpes et
Tarbes/Ossun pour les Pyrénées alertent les services
régionaux de la Sécurité Civile.
Voir l'échelle européenne du risque d'avalanche
Voir la carte des pyrénées
Voir le schéma
Information du Public
" Le Bulletin d'estimation du
risque d'avalanche : BRA "
L'objectif du bulletin n'est ni d'autoriser, ni d'interdire
la pratique de la montagne, mais de permettre à chacun
d'adapter son comportement en fonction des risques.
Les informations contenues dans le bulletin (conditions d'enneigement,
stabilité du manteau neigeux, risque d'avalanche) sont
données à l'échelle d'un massif, Vanoise
ou Aspe-Ossau, par exemple, et ne concernent que les zones hors-pistes
et non sécurisées. Les BRA sont quotidiens du
15 décembre au 30 avril et occasionnels en automne et
au printemps.
Le Bulletin de Synthèse Hebdomadaire : BSH
Diffusé le jeudi, le BSH résume les conditions
nivométéorologiques les plus remarquables de la
semaine écoulée, avec notamment le cumul des chutes
de neige, les fluctuations de l'isotherme 0°C, les périodes
ventées.
Le Communiqué Météorologique de
Presse
Ces bulletins exceptionnels sont émis en cas d'intense
activité avalancheuse menaçant les habitations
et les routes, ou lorsque les conditions de neige présentent
un grand danger pour les skieurs.
Information, mais aussi formation
Météo-France joue un rôle essentiel dans
la formation en nivologie des professionnels de la montagne
et des cadres des associations et clubs de montagne.
Voir la photo des observateurs nivométéo
Les avalanches sous surveillance
La détection automatique
La connaissance de l'activité avalancheuse est une information
précieuse pour le prévisionniste, les responsables
de sécurité des pistes... Elle repose actuellement
sur des observations humaines, très lacunaires. Parmi
les méthodes automatiques envisagées pour améliorer
le réseau d'observation, la détection sismique
fait l'objet de recherches au Centre d'études de la neige
de Météo-France depuis une dizaine d'années.
Principe de détection
Lors de leur écoulement, les avalanches génèrent
des ondes sismiques qui peuvent être détectées
à plusieurs kilomètres de leur origine. Un dispositif
permet tout à la fois la détection et l'enregistrement
des ondes sismiques, la reconnaissance automatique des signaux
d'avalanches et la transmission directe de l'information vers
l'utilisateur.
Voir le schéma
Reconnaissance automatique des signaux d'avalanches
Les travaux les plus approfondis ont porté sur la recherche
de critères de reconnaissance automatique des signaux
d'avalanches qu'il convenait de séparer des autres signaux
de toutes origines qui se propagent dans le sol. Un logiciel
fondé sur l'utilisation de diverses méthodes de
traitement du signal a été développé
et testé avec succès. L'objectif est, à
plus ou moins long terme, de réaliser une station automatique
et autonome de détection des avalanches.
Voir le graphique