De la recherche à l'exploitation
Le manteau neigeux n'est pas un mille-feuille inerte. Bien au
contraire, il évolue en permanence. Pour décrire
correctement cette évolution dans les modèles
Crocus et Mepra, Météo-France a jugé indispensable
d'approfondir ses recherches sur les propriétés
optiques de la neige et sur son comportement lorsqu'elle s'humidifie.
Les propriétés optiques de la neige
Mise en place d'un échantillon de
neige
L'énergie, dont le manteau neigeux a besoin pour évoluer,
est fournie principalement par le rayonnement solaire. En pénétrant
dans le manteau, celui-ci provoque un échauffement qui
conduit à des modifications de formes et de tailles des
grains de neige.
L'expérimentation en laboratoire consiste à soumettre
des échantillons de neiges prélevés en
montagne à des flux de lumière. On observe ainsi
la quantité de lumière réfléchie
lors des transformations subies par les grains de neige. Les
lois qui en découlent sont utilisées dans le modèle
Crocus qui simule l'évolution du manteau neigeux.
Voir la photo
La neige humide
La neige est dite "humide" lorsqu'elle contient de
l'eau liquide. Les processus d'humidification du manteau neigeux
sont importants car ils conduisent souvent à des pertes
de cohésion de la neige et à son instabilité.
Pour bien les apprécier, des mesures expérimentales
sont réalisées en chambre froide grâce,
en particulier, à un procédé de regel rapide
qui met en évidence l'eau initialement liquide. Ces mesures
permettent, entre autres, de quantifier les quantités
maximales d'eau liquide contenue dans le manteau neigeux. Le
débouché naturel de ces recherches sera une amélioration
des estimations d'eau de fonte pour l'hydrologie.
Voir le schéma d'une coupe mince de neige humide
Y aura-t-il encore de la
neige dans 30 ans?
C'est un point sur lequel on peut s'interroger à juste
titre lorsque l'on sait que la production par l'homme de quantités
de plus en plus importantes de gaz à "effet de serre"
risque d'entraîner une hausse de la température
moyenne sur la Terre au cours des prochaines décennies.
Fonte totale ou partielle ?
Cette augmentation de la température moyenne aura des
répercussions sur les autres composantes du climat de
la terre, notamment les précipitations et la nébulosité.
Toutefois, de grandes incertitudes demeurent quant à
l'intensité et à la localisation du changement
climatique.
Voir le graphique d'un enneigement normal
Une
diminution du manteau neigeux à moyenne altitude
Néanmoins, s'appuyant sur des données recueillies
pendant plus de trente ans au laboratoire du Col de Porte de
Météo-France, le Centre d'Etudes de la Neige s'est
livré à des simulations de hauteur moyenne d'enneigement
dans l'hypothèse où, à précipitations
égales, la température augmenterait de 1,5°C
et 4,5°C.