Comment le vent se renforce-t-il
au cours d'une tempête ?
Une
analogie simple résume l'essentiel : les dépressions
sont un moteur naturel et provisoire qui transforme en vent
«l'essence» contenue dans le rail des dépressions.
L'idée est la même que pour l'automobile. Avec
un réservoir d'essence posé sur des roues, on
ne va guère loin. L'énergie (chimique) contenue
dans l'essence ne constitue qu'un potentiel qui ne va pas spontanément
se convertir en énergie cinétique (en vitesse).
La vitesse des roues et de l'automobile est crée par
le mélange de l'essence et de l'air au sein d'un arrangement
particulier des pièces mécaniques qui constituent
le moteur.
Voir la figure 6 du courant-jet rectiligne idéalisé
Dans
l'atmosphère, l'essence est stockée le long
du rail sous la forme d'un contraste thermique horizontal
sur une épaisseur de 8-9 km sur la verticale. Ce contraste
représente une énergie potentielle convertible
en vent.
Voir la figure 7 des milieux
L'essence, à elle seule, n'explique en rien le mouvement
des voitures: de même, affirmer qu'il y a un fort contraste
thermique dans le rail des dépressions n'explique en
rien les tempêtes. Tout au plus, relevons un point commun
aux deux composantes de cette analogie simpliste : dans les
deux cas, le contraste thermique influence le rendement du
moteur.
On ne peut entrer ici dans les détails du fonctionnement
du moteur. Disons simplement que, comme un bon moteur voiture
dépend de la synchronisation du piston et de l'étincelle,
l'augmentation du vent dans une dépression dépend
de la synchronisation, au sein du rail, d'un modeste tourbillon
précurseur vers 9 km d'altitude et d'un autre, décalé
vers l'est, près du sol (Voir Figure 6). Une paire
de tourbillons d'altitude de signes opposés offre une
possibilité de variante, comme le diésel à
l'essence. Ces tourbillons sont un peu comme ceux que l'on
peut voir naître et disparaître en regardant couler
une rivière.
Le renforcement général des flux à des
distances éloignées du centre de la dépression
dépend avant tout du moteur qu'elle constitue. Les
dépressions précédentes et suivantes
aussi, ce qui complique un peu. Mais là se
situe l'unique source des mouvements de l'air dans
et autour du rail. Ce n'est donc pas «l'alimentation»
en air chaud ou froid qui fait la dépression, c'est
la dépression, source du vent et donc des déplacements
d'air, qui fait circuler autour d'elle l'air qui lui permettra
de s'amplifier davantage ou non.
L'analogie simpliste avec une automobile est utile, mais
elle est limitée. Ainsi, l'idée développée
précédemment, la notion de variabilité
interne sans cause externe, ne trouve guère son équivalent
dans le système très rigide que constitue une
voiture, dans les machines inventées par les hommes
en général. Toutefois, les considérations
énergétiques mises en avant ici ne doivent jamais
être perdues de vue.