


Situation du 16 janvier 1999 à
12 h UTC
Le
16 janvier à 12 h UTC, l'Europe du Nord est sous l'influence
d'une dépression très creuse (935 hPa). Le front
froid associé s'étire du cap Finisterre à
la Bretagne et à la Baltique. Comme le laisse supposer
le fait que le front froid ait pris une bonne avance sur le
centre de la dépression (il est beaucoup plus à
l'est), cette dernière a commencé à se
combler. De fait, elle a atteint son maximum de violence la
veille : 925 hPa de 12 h à 18 h UTC, engendrant, au nord
de l'Écosse, des vents de 70 nœuds (vent moyen sur
10 minutes), avec une température de l'air de 3 à
4 °C et de fortes chutes de pluie, voire de neige.
Et, comme si tout cela ne suffisait pas, une bouée britannique
ancrée par 59°N et 12°W a mesuré une hauteur
des vagues de 13,5 m (H1/3). L'hiver, les tempêtes de
l'Atlantique nord valent bien celles des quarantièmes
rugissants. Le corps de la perturbation, composé de nuages
épais et continus chargés de pluie (nimbostratus),
apparaît nettement sur l'image satellite, panache bleu
et blanc ondulant du large du Portugal à la Bretagne
et au nord de l'Europe. A l'arrière, cumulus et cumulonimbus
de la traîne (temps à grain) forment une "
peau de léopard " caractéristique.
Voir l'image satellite Vent
en mer

Le passage d'un front froid s'accompagne toujours d'une rotation
du vent " vers la droite " plus ou moins marquée
(par rotation " à droite ", on désigne
un changement dans la direction d'où vient le vent,
par exemple du sud au sud-ouest, ou du sud-ouest au nord-ouest…).
Sur l' image satellite, la transition entre l'air chaud de
la perturbation (masse nuageuse continue) et l'air froid (temps
à grains) est nettement visible.
En revanche, sur la carte ci-jointe la rotation des vents
l'est un peu moins.
On
distingue, à l'avant du front froid une bande de vents
forts (25 à 30 nœuds) de sud-ouest de la côte
espagnole à la Vendée. La rotation du vent à
l'ouest se fait progressivement. Il est probable que dans
la réalité, la rotation du vent soit plus nette.
En effet, de par leur conception même, les modèles
numériques de prévision du temps lissent les
phénomènes, le vent est toujours plus variable
tant en direction qu'en vitesse que ne l'indique ce genre
de document. Ne pas oublier non plus qu'il s'agit ici du vent
moyen sur dix minutes et que la vitesse des rafales peut atteindre
1 ,5 fois la vitesse du vent moyen, notamment dans l'air froid
de la perturbation.
Voir la carte
A noter également, la courbure caractéristique
des isobares dans le golfe du Lion. En effet, le flux d'air
de sud-ouest contourne les Pyrénées. Conséquence,
les vents sont de sud-est dans le golfe du Lion. Généralement,
quand une perturbation aborde le golfe du Lion après
avoir traversé la France, le vent bascule du sud-est
(vent marin) au nord-ouest (tramontane). |