LES ULTRAVIOLETS |
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> Qui n'a jamais souffert d'un coup de soleil ?
> Le rayonnement solaire
> Ultraviolets et météorologie : un voyage entre atmosphère et sol
> Les effets bénéfiques des ultraviolets
> Les dangers des ultraviolets pour la santé
> Index UV et conseils santé
> Réseau de surveillance et calcul de l'index UV

Les dangers que suscitent les rayonnements ultraviolets pour
notre organisme sont de nature diverse : les UV touchent à
la fois la peau, les yeux, l’ensemble des défenses
immunitaires… ; de plus, leurs actions peuvent se manifester
à court terme ou à long terme.
Quelques chiffres
Deux ou trois chiffres suffiront à démontrer
l’ampleur de ce « danger solaire ». Tout
d’abord, les mélanomes, en France, sont la première
cause de décès parmi les femmes dont l’âge
est compris entre 25 et 35 ans. D’autre part, selon
un sondage BVA, 88 % des Français sont conscients qu’un
risque de cancer de la peau est lié à l’exposition
solaire, mais uniquement 19 % des Français estiment
qu’à ce sujet ils n’ont pas un comportement
à risque.
Le mode d’action des UV-A
et B
Les UV-A et les UV-B ne sont pas absorbés de la même
manière par le corps humain : en effet, plus l’énergie
d’un rayonnement est faible et plus la pénétration
de celui-ci au sein de l’organisme est profonde. De
la sorte, les UV-B sont absorbés très rapidement
par l’épiderme tandis que les UV-A parviennent
jusqu’au derme.
Les modes d’action des deux types de rayonnement sont
également différents : les UV-B agissent directement
sur l’ADN tandis que les UV-A agissent par l’intermédiaire
de substances chimiques appelées radicaux libres ;
ce sont ces substances qui, alors, attaquent l’ADN.
Les UV-A comme les UV-B sont appelées des radiations
génotoxiques, car dans les deux cas, ces rayonnements
modifient le génome humain en réalisant des
mutations au sein de l’ADN.
Enfin, la sensibilité aux UV diffère selon
les types de peau, ce qui se traduit par des conséquences
très distinctes en fonction de ces types, aussi bien
en termes de coups de soleil, de brûlures ou de vieillissement
que de cancers.
Les risques cutanés
Pour combattre l’action des UV, la peau sécrète
un pigment, la mélanine, grâce à des cellules
appelées mélanocytes : c’est ce phénomène
que l’on qualifie couramment de bronzage. Les molécules
de mélanine sont capables d’absorber une part plus
ou moins grande des rayons UV-B incidents, mais jamais la totalité
de ceux-ci ; il reste donc un danger pour la peau qui se traduit
par de nombreux effets, que nous allons maintenant passer en
revue.
Les coups de soleil
Le premier effet produit par les ultraviolets devient visible
quelques heures après l’exposition : c’est
l’apparition de coups de soleil, ou érythèmes
solaires.
Lorsque les UV-B agissent en faible dose sur la couche superficielle
de la peau, il s’ensuit un épaississement de l’épiderme
qui permet alors au corps de se protéger contre les agressions
courantes de l’environnement. Mais si la dose d’UV-B
est trop élevée, un rougissement de la peau apparaît,
indiquant la formation d’une brûlure plus ou moins
superficielle et étendue. Puis, si les dégâts
génétiques sont trop importants, ils aboutissent
à la mort programmée ou « apoptose »
d’un plus ou moins grand nombre de cellules, qualifiées
de Sun burn cells : c’est le coup de soleil.
Un érythème peut se matérialiser aussi
par une brûlure plus conséquente, avec apparition
de cloques. De plus, l’accumulation de coups de soleil
favorise l’apparition de cancers cutanés, car les
cellules lésées par les UV-B ne sont plus réparées
ni éliminées, de sorte que les lésions
s’accumulent alors avec le temps.
Les allergies solaires
Les allergies solaires se manifestent sous forme de rougeurs,
ou bien de boutons ou d’urticaire ; elles peuvent être
induites par certains parfums ou produits cosmétiques.
La consultation du médecin est alors nécessaire.
Le vieillissement
Une
peau âgée se différencie d’une peau
jeune par des rides nombreuses et par des troubles de la pigmentation.
Les UV-A favorisent ce phénomène en déstructurant
le réseau de fibres constitué à partir
de certaines protéines – le collagène, l’élastine
– et qui permet l’élasticité de la
peau : c’est le phénomène du photo-vieillissement,
qui se manifeste également par l’apparition de
taches de rousseur et de ridules ainsi que par la dilatation
des capillaires sanguins.
Les maladies cutanées photosensibles Certaines maladies de peau, ou dermatoses, sont aggravées
par l’exposition aux UV et en particulier aux UV-B :
il en est ainsi de l’herpès, de l’acné
et du mélasma, cette dernière affection étant
observée en particulier chez les femmes enceintes ou
sous contraception orale. Dans le cas de l’acné,
des poussées apparaissent dans un délai de quinze
jours à trois semaines après la fin de l’exposition
aux UV, car l’épaississement de l’épiderme,
en bouchant les pores de la peau, entraîne de nouvelles
réactions inflammatoires.
Les maladies précédentes sont photo-aggravées.
Mais certaines dermatoses peuvent être aussi photosensibles,
soit par défaut de protection d’un système
immunitaire affaibli sous l’action des UV – c’est
par exemple le cas du vitiligo –, soit par manifestation
d’une anomalie métabolique – c’est
par exemple le cas des porphyries cutanées.
Les cancers de la peau
Nos cellules sont dotées de systèmes de «
réparation » en cas de lésions de l’ADN.
Mais quand celles-ci deviennent trop nombreuses, elles se cumulent
au cours du temps et ces systèmes de réparation
ne peuvent plus y faire face. Dans ce type d’état,
les lésions non réparées entraînent
soit la mort des cellules par apoptose – c’est le
cas des coups de soleil –, soit certaines mutations au
sein du génome : les cellules mutées peuvent alors
se développer de manière anarchique, entraînant
l’apparition d’un cancer.
On distingue deux types de cancers de la peau :
• les épithéliomas ou carcinomes,
qui sont dus à l’altération des cellules
de l’épiderme ;
• les mélanomes, qui sont dus à
l’altération des cellules fabriquant les mélanines
(ce sont les pigments qui, nous l’avons noté
plus haut, interviennent dans la protection contre les UV
en provoquant le bronzage).
Les épithéliomas sont les cancers les plus nombreux,
à hauteur de 90 % des cas, et sont classés suivant
deux types différents :
• les carcinomes basocellulaires, qui sont des tumeurs bénignes.
Ils ne forment pas de métastases et peuvent être
soignés par traitement chirurgical ;
• les carcinomes spinocellulaires, qui peuvent se métastaser
et provoquer des cancers beaucoup plus dangereux. Ils se développent
à partir de kératoses solaires (les kératoses
sont des épaississements de la couche cornée
de l’épiderme).
Les mélanomes sont des accumulations de cellules fabriquant
des mélanines. Un mélanome se développe
souvent à partir d’un grain de beauté.
Le mélanome est le cancer le plus mortel, même
s’il est le cancer le moins fréquent (à
hauteur de 10 % des cas). Il est aussi celui qui progresse
le plus rapidement dans le corps. Aujourd’hui, il tue
une fois sur cinq.
Pourtant, les mélanomes se soignent très bien
pourvu qu’ils soient dépistés à
temps : il suffit de rester attentif à l’apparition
de boutons noirs sur la peau. Pour reconnaître un mélanome,
on utilise le dépistage ABCDE :
• A pour asymétrie. La lésion est asymétrique
;
• B pour bord. Le contour est irrégulier ;
• C pour couleur. La lésion est polychrome ;
• D pour dimension. Le diamètre est supérieur
à 8 mm ;
• E pour évolution. La lésion évolue
(taille, couleur, rugosité, apparition de saignements…).
Les risques oculaires
« Le soleil a toujours blessé les yeux de
ses adorateurs » (Louis Aragon)
Les UV pénètrent facilement à l’intérieur
de l’œil, engendrant des lésions qui peuvent
être irréversibles.
Les photokératites
Les affections inflammatoires de l’œil s’appellent
les ophtalmies, et les kératites sont des ophtalmies
de la cornée. Une photokératite sera donc un
« coup de soleil de la cornée », celle-ci
devenant enflammée ; il s’agit d’une lésion
réversible. La photokératite la plus spectaculaire
est l’ophtalmie des neiges.
La cataracte
Cette affection de l’œil est la première
cause de cécité dans le monde. Les UV peuvent
la favoriser ou la susciter en agissant sur le cristallin,
qu’ils opacifient : la vue devient alors de plus en
plus basse, jusqu’à ce que survienne la cécité
complète. Pour rétablir la vue, l’opération
la plus fréquente consiste à remplacer le cristallin
: on compte actuellement 400 000 cas par an d’opérations
de ce type en France, et ce nombre va croissant.
Les risques immunitaires
Les ultraviolets détériorent le système
immunitaire. Un exemple de cette dégradation est fourni
par l’effet inhibiteur des UV sur la traduction de certains
gènes : or, ces gènes sont responsables de la
synthèse de protéines qui participent à
une protection immunitaire naturelle, à savoir, l’élimination
des cellules mutées. Sans la présence de telles
protéines, le système immunitaire ne peut plus
assurer sa fonction de protection contre les cancers : c’est
là l’origine de certains cancers cutanés
que nous venons d’évoquer.
Un autre exemple majeur de déficience immunitaire est
lié à la médecine préventive : en
effet, la surexposition aux UV peut diminuer fortement l’efficacité
des vaccins administrés par voie cutanée, comme
il est apparu lors de campagnes de vaccination menées
par l’OMS en Afrique.
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