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  LES ULTRAVIOLETS 


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La quantité d’énergie véhiculée pendant une seconde par les ultraviolets solaires et parvenant sur une étendue de un mètre carré de la surface terrestre définit sur cette étendue un « taux d’ultraviolets au sol » ou, pour mieux dire, un éclairement énergétique qui, dans un créneau de longueurs d’onde fixé, varie en fonction de nombreux paramètres météorologiques (et astronomiques). Tout d’abord, pour arriver jusqu’au sol, les ultraviolets doivent traverser l’atmosphère, et durant ce voyage, les rayons subissent de nombreuses modifications ; plus précisément, le rayonnement solaire y est modifié par trois phénomènes :
• l’absorption (par les molécules de certains gaz, dont l’ozone),
• la diffusion (à travers les nuages, l’ atmosphère et les aérosols),
• la réflexion (par les nuages, l’atmosphère et les aérosols), qu’il s’agisse d’une réflexion directe (comme pour les miroirs) ou d’une réflexion diffuse (par diffusion en retour).
Notons que la surface terrestre peut aussi réfléchir les rayons solaires, qui sont alors replongés dans l’atmosphère où ils subissent un nouveau parcours.

L’absorption par les molécules de gaz

Lorsqu’un photon, au cours de son trajet, rencontre une molécule d’un gaz donné, il peut être absorbé par celle-ci sous certaines conditions, qui dépendent à la fois de la nature du gaz et de la fréquence du rayonnement électromagnétique représenté par le photon : ce dernier apporte alors l’énergie nécessaire pour provoquer, par exemple, une dissociation de la molécule de gaz en deux autres molécules. Ce mécanisme, dans les longueurs d’onde de l’ultraviolet, a en particulier pour conséquence la formation d’ozone à partir de l’oxygène stratosphérique : ainsi, la concentration en ozone, faible dans la troposphère (c’est-à-dire la basse atmosphère, depuis la surface terrestre jusqu’à environ 8 km d’altitude dans les régions polaires, 12 dans les régions tempérées, 18 dans les régions tropicales) et dans la mésosphère (au-delà d’une cinquantaine de km d’altitude), s’accroît fortement dans la stratosphère, entre la troposphère et la mésosphère, où la « couche d’ozone » stratosphérique atteint un maximum de concentration vers 25 ou 30 km d’altitude. Au sein de cette couche se produisent des réactions chimiques nombreuses et opposées d’où finit par émerger un équilibre complexe et fragile, dans lequel certains composés gazeux, parfois en très faible proportion, jouent un rôle essentiel de catalyse.

Tous ces catalyseurs ne proviennent pas de produits naturels. À cet égard, on a mis en lumière, ces dernières décennies, le rôle joué par l’insertion progressive dans la stratosphère des chlorofluorocarbures ou CFC. En effet, ces produits industriels sont dissociés dans certaines conditions par les photons UV en libérant des catalyseurs qui initient des réactions de destruction de l’ozone. Ce processus polluant de réduction de l’ozone stratosphérique, très complexe en fait, est à l’origine du phénomène du « trou d’ozone », autrement dit, de la diminution considérable de la concentration en ozone affectant la stratosphère (principalement aux hautes latitudes de l’hémisphère Sud) depuis un quart de siècle environ. Or, la couche d’ozone exerce un rôle de filtre pour les UV-B et C, de sorte que son affaiblissement a pour conséquence une augmentation du taux des UV qui pénètrent jusqu’au sol : par exemple, une diminution de 1 % de l’ozone atmosphérique entraîne une augmentation de 2 % du rayonnement UV-B. Ainsi, les risques que représentent les UV pour la santé ne peuvent qu’être accentués par le phénomène du « trou d’ozone » qui, bien que les CFC ne soient plus émis désormais, devrait persister de manière assez durable en raison de la grande stabilité chimique de ces gaz.

Il est vrai que l’on doit considérer non seulement l’ozone stratosphérique, mais l’ensemble de l’ozone de l’atmosphère, c’est-à-dire, pratiquement, le contenu de celle-ci en ozone troposphérique et stratosphérique, intégré verticalement à partir du sol et ramené aux conditions normales de température (0 degré Celsius) et de pression (1 013,25 hectopascals) : ainsi définit-on une grandeur météorologique, la colonne d’ozone totale. Cependant, l’ozone contenu dans les basses couches de l’atmosphère reste avant tout un polluant atmosphérique dont le rôle de filtre pour les UV demeure faible, contrairement à l’ozone stratosphérique ; en particulier, la présence de cet ozone troposphérique ne compense aucunement le déficit engendré par le « trou d’ozone ».
Pour en savoir plus sur la chimie atmosphérique

La diffusion par les différentes couches nuageuses

Lorsqu’il n’a pas été absorbé, le rayonnement global arrive au sol en observant deux types de trajectoire possibles :
• celle du rayonnement direct, où le parcours des rayons est celui d’une droite unique entre le soleil et notre planète ;
• celle du rayonnement diffus, où le parcours des rayons est modifié par une succession d’obstacles : d’une part, les gouttelettes et cristaux de glace inclus dans les nuages, et d’autre part, les aérosols et les molécules d’azote et d’oxygène.
Les molécules constituant l’air atmosphérique diffusent d’autant plus fortement les rayons lumineux que ceux-ci ont une plus faible longueur d’onde : c’est pour cette raison que par temps clair (sans nuages), le ciel apparaît bleu ; de même, les rayons ultraviolets sont fortement diffusés par l’air, et le rayonnement UV global arrivant au sol est un rayonnement diffus à proportion de 50 à 80 %.

Les différentes couches nuageuses diffusent elles aussi la lumière, mais de façon indifférente à la valeur de la longueur d’onde. Cela n’en signifie pas moins qu’elles accentuent la diffusion des rayonnements UV, de même que celle des autres rayons lumineux : Ainsi, la présence de nuages n’induit pas systématiquement une diminution du risque présenté par l’exposition aux ultraviolets, contrairement à ce que nous serions spontanément enclins à penser ; quant à la sensation de rafraîchissement que nous éprouvons lorsque le temps est nuageux, elle vient de ce que les nuages absorbent les infrarouges et n’a pas de rapport avec l’interaction entre nuages et ultraviolets. Il est vrai cependant que le rayonnement global, lorsqu’il rencontre des nuages en traversant la troposphère, est en partie diffusé en retour vers le haut, ce qui entraîne une baisse d’intensité du rayonnement arrivant au sol par rapport au rayonnement initial. De ce point de vue, d’ailleurs, toutes les catégories de nuages n’ont pas le même comportement. De façon générale, les nuages bas réduisent fortement le rayonnement, tandis que les nuages élevés (proches de la limite supérieure de la troposphère) en laissent passer la majeure partie.

Pour un ciel peu nuageux, donc comportant quelques nuages épars ou bien seulement des nuages élevés tels que des cirrus ou un cirrostratus, on estime à 80 %, voire 90 %, la part du rayonnement UV qui atteint la surface de la Terre. Ainsi, les nuages élevés augmentent paradoxalement le risque de coups de soleil, du moins quand leur présence, comme pour les autres nuages, incite à négliger de se protéger.

D’autre part, la nébulosité agit sur le rayonnement direct : par suite, plus le ciel est nuageux, plus le rayonnement UV est faible, jusqu’à atteindre un minimum pour un ciel couvert.

En France, le premier département à être touché par les cancers de la peau est le Finistère, avec pourtant ses nuages assez fréquents et ses températures rarement excessives, mais aussi avec ses habitudes culturelles moins vigilantes que dans des régions plus méridionales, par exemple, face aux risques solaires.

La position du soleil

« Si vous apercevez un géant, regardez d’abord la position du soleil et voyez si le géant n’est pas l’ombre d’un pygmée » (poème allemand)

Les ultraviolets sont filtrés par l’atmosphère : de ce fait, plus leur traversée est longue, plus le taux d’UV arrivant au sol est faible ; ce taux doit donc se modifier, toutes choses égales d’ailleurs, en fonction de l’angle d’incidence du rayonnement solaire par rapport à la Terre, dont dépend la distance entre le haut de l’atmosphère et la surface terrestre.
Ainsi, le taux de rayonnement UV va varier :
au long de la journée : son maximum est atteint au moment du midi solaire, là où le soleil est au plus haut dans le ciel, le parcours à travers l’atmosphère étant alors le plus court. Par rapport à ce moment, la trajectoire des rayons solaires est plus oblique le matin comme le soir, et la traversée de l’atmosphère est alors plus longue, d’où un rayonnement UV plus faible.
• avec les saisons : en été, les journées sont plus longues et le soleil « plus haut » qu’en hiver, où le rayonnement solaire est moins important.
avec la position géographique : le rayonnement solaire varie en fonction de la latitude ; il est plus « rasant » aux hautes latitudes, jusqu’à disparaître durant l’hiver polaire.
avec l’altitude : lorsque celle-ci augmente, le parcours des rayons diminue, et il en va de même pour leurs possibilités de filtrage ; en outre, la diffusion vers le haut s’accentue. On estime ainsi que le taux de rayonnement UV est augmenté de 5 % à 1 000 m d’altitude, de 10 % à 2 000 m d’altitude et de 14 % à 3 000 m d’altitude. (Certaines études scientifiques traitent des risques que présentent les ultraviolets pour la santé des pilotes d’avions de ligne volant aux alentours de 10 000 mètres.)

La réflexion par la surface terrestre

La surface terrestre interagit avec le rayonnement solaire : elle absorbe une part de ce rayonnement et en réfléchit l’autre part. Afin de mesurer cette autre part, on définit une quantité appelée l’albédo, qui est une fraction comprise entre 0 et 1 : à un instant donné et en un lieu donné de la surface terrestre, l’albédo est le taux de rayonnement réfléchi par cette surface, divisé par le taux de rayonnement qui y parvient dans le même domaine de longueurs d’onde.

Plaçons-nous dans le domaine des ondes lumineuses. Plus l’albédo est élevé, plus fort est le taux de rayonnement réfléchi par la surface qu’il caractérise et plus grande est alors la quantité d’UV absorbée par l’organisme. Par exemple, la valeur de l’albédo pour la neige fraîche est de l’ordre de 0,8 à 0,9 : c’est dire que les capacités de réflexion maximale se rencontrent sur les surfaces enneigées et que les mesures de protection contre les UV, comme le montre cet exemple, doivent prendre en compte la réflexion au sol.

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