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Les prévisions saisonnières pour le trimestre mai, juin et juillet 2016


29/04/2016

Qu'est-ce que la prévision saisonnière ?

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir, à l'échelle d'une région comme l'Europe de l'Ouest. Contrairement aux prévisions à échéance de quelques jours, l'information n'est pas détaillée ni chiffrée, mais présentée sous forme de prévisions qualitatives qui renseignent sur les grandes tendances (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale). Les climatologues analysent les résultats de modèles numériques comparables à ceux utilisés pour réaliser les prévisions à court terme, mais intégrant la modélisation des océans. Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage : faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est impossible de privilégier une hypothèse. Les performances des prévisions saisonnières sont très variables. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et, pour la température, meilleures en hiver qu'en été. La fiabilité de ces prévisions est bien meilleure outre-mer qu'en métropole, en particulier pour les précipitations.

En savoir plus : notre dossier « la prévision saisonnière ».

Situation générale

Le phénomène El Niño est désormais en phase de décroissance très rapide. Les modèles de prévisions saisonnières de part le monde anticipent de manière très cohérente cette évolution de la température de surface de l'océan Pacifique et prévoient un retour à la normale à la fin du printemps. La suite est plus incertaine, même si une majorité de modèles suggère une bascule vers un phénomène la Niña au cours de l'été. Ce schéma reste à confirmer dans les prochaines simulations.

Pendant plusieurs mois, ce puissant El Niño a imposé son effet stabilisant au-delà des tropiques, sur l'ensemble de la machine climatique du global, rendant les évolutions plus lentes et plus faciles à prévoir. Cette contrainte est en train de disparaitre et les scénarios proposés par les modèles pour les mois à venir en dehors des zones tropicales sont très divers. Ils reflètent la grande variabilité du climat aux moyennes latitudes à cette saison, où la prévisibilité est généralement faible.

 

Prévisions pour le trimestre mai, juin et juillet 2016 sur l'Europe et la France métropolitaine

Depuis plusieurs mois, la présence d'un puissant phénomène El Niño a très probablement permis d'améliorer les performances des prévisions saisonnières, jusqu'à nos latitudes. Avec la disparition de cette contrainte, les prévisions sont plus chaotiques. Ainsi aucune option majoritaire ne se dégage de l'analyse des modèles des centres de prévision saisonnières de part le monde sur l'essentiel de l'Europe.

Pour les températures :

Les seules zones où une tendance semble se dessiner sont d'une part : l'ouest des îles Britanniques sous l'influence de températures océaniques froides et persistantes, et d'autre part l'ouest du bassin méditerranéen, où  un trimestre chaud est probable.
 

Prévisions saisonnières probabilistes de températures pour le trimestre prochain

Figure 1 : synthèse pour les températures des prévisions. Pour chaque zone géographique délimitée par les pointillés : en bleu : la proportion de simulations correspondant à des températures inférieures à la normale ; en gris : celle des simulations correspondant à des températures proches de la normale ; en rouge : celle des simulations suggérant des températures supérieures à la normale.
(Cliquer sur la carte pour l'agrandir).


Pour les précipitationss :

Les simulations numériques ne dégagent là non plus aucun scénario dominant sur une grande partie de l'Europe, sauf sur l'ouest du bassin méditerranéen avec une probabilité légèrement renforcée d'avoir un trimestre plus sec que la normale.

Prévisions saisonnières probabilistes de précipitations pour le trimestre prochain



Figure 2 : synthèse pour les précipitations des prévisions probabilistes. Pour chaque zone géographique délimitée par les pointillés : en orange, la proportion de simulations correspondant à des précipitations inférieures à la normale ; en gris celle des simulations correspondant à a des précipitations proches de la normale ; en vert, celle des simulations suggérant des précipitations supérieures à la normale
(Cliquer sur la carte pour l'agrandir).

 

Outre mer

Les modèles gardent en revanche une bonne cohérence dans les régions tropicales.
 

Océan Atlantique

Antilles

Un scénario plus chaud que la normale se dégage pour le trimestre prochain, avec des précipitations qui devraient plutôt être inférieures la normale.

Guyane

Les modèles continuent de favoriser un scénario chaud pour le trimestre prochain. Aucun scénario ne se dégage pour les précipitations.

Saint-Pierre et Miquelon

Un trimestre plus doux que la normale est très probable. Aucun scénario ne se dégage pour les précipitations.
 

Océan Indien

La Réunion et Mayotte

Les modèles convergent vers un trimestre plus chaud que la normale, mais ne s'accordent pas concernant les précipitations pour lesquelles aucun scénario n'est privilégié.
 

Océan Pacifique

En Nouvelle-Calédonie 

Le scénario chaud et sec est probable.

À Wallis et Futuna

Aucune tendance dominante ne se dégage, ni pour les températures ni pour les précipitations.

En Polynésie

Les modèles indiquent un temps plus chaud et plus humide que la normale sur la partie nord de la Polynésie (Marquises) et plus frais et sec dans le sud (archipel des Australes). La partie centrale de la Polynésie (Archipels de la Société, des Tuamotu et des Gambier) devrait connaitre des conditions proches des normales pour le trimestre prochain.


Le prochain bulletin sera publié fin mai 2016.

* Les prévisions utilisées par Météo-France dans cette analyse sont issues des résultats des modèles de Météo-France, du Centre européen de prévision météorologique à moyen terme (CEP), du Met Office britannique (Met Office), du National Centers for Environmental Prediction américain (NCEP), de la Japan Meteorological Agency (JMA) et des résultats des programmes multi-modèles Eurosip (composé des modèles de Météo-France, du CEP, du Met Office et du NCEP) et de l'expérience multi-modèles menée en Corée du Sud sous l'égide de l'OMM (LC-MME).

Télécharger le bulletin de prévisions saisonnières en pdf (178,4 ko)