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Les prévisions saisonnières pour le trimestre juillet, août et septembre 2015


26/06/2015

Qu'est-ce que la prévision saisonnière ?

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir, à l'échelle d'une région comme l'Europe de l'Ouest. Contrairement aux prévisions à échéance de quelques jours, l'information n'est pas détaillée ni chiffrée, mais présentée sous forme de prévisions qualitatives qui renseignent sur les grandes tendances (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale). Les climatologues analysent les résultats de modèles numériques comparables à ceux utilisés pour réaliser les prévisions à court terme, mais intégrant la modélisation des océans. Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage : faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est impossible de privilégier une hypothèse. Les performances des prévisions saisonnières sont très variables. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et, pour la température, meilleures en hiver qu'en été. La fiabilité de ces prévisions est bien meilleure outre-mer qu'en métropole, en particulier pour les précipitations.

En savoir plus : notre dossier « la prévision saisonnière »


Prévisions pour le trimestre juillet, août et septembre 2015

L'évènement El Niño en cours est dorénavant d'intensité modérée. Pour les trois prochains mois, tous les modèles analysés maintiennent le phénomène El Niño. La plupart d'entre eux  indiquent une accentuation du réchauffement sur la partie Est de l'océan Pacifique équatorial (Figure 1).

Anomalies de températures de surface prévues pour juillet août septembre 2015

Figure 1: Anomalies de température de surface des océans prévues pour le trimestre prochain (juillet-août-septembre). Moyenne des modèles de l'ensemble EUROSIP (Météo-France, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme, Met Office, National Centers for Environmental Prediction). Du jaune au rouge, les zones de température de surface océanique supérieure à la normale, du bleu clair au bleu foncé les zones de température de surface océanique inférieure à la normale.
Le phénomène El Niño clairement visible dans l'océan Pacifique au niveau de l'équateur (eaux plus chaudes que la normale en rouge).

 

Sur l'ensemble des prévisions réalisées (196 simulations), les deux-tiers indiquent une intensité forte pour le phénomène Niño au début de l'automne 2015. Au-delà de cet horizon, l'incertitude est grande, même si la probabilité qu'il perdure est élevée (Figure 2).


Anomalies de températures de surface prévues sur la zone de El Niño
Figure 2: Prévision d'ensemble (196 simulations) d'anomalies de température de surface de la mer dans la zone Niño 3.4* par le multi-modèle EUROSIP (Météo-France, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme, Met Office, National Centers for Environmental Prediction).
*La zone Niño 3.4 est une région de l'océan Pacifique équatorial qui permet le suivi du phénomène Niño. 


Dans les régions tropicales, les profondes modifications de la circulation atmosphérique déjà en cours vont perdurer au cours des prochains mois, avec notamment des répercussions très significatives sur les précipitations (Figure 3).

Anomalies de précipitations prévues pour juillet août septembre 2015
Figure 3: Probabilité d'anomalies de précipitations prévues pour le trimestre prochain (juillet-août-septembre) par le modèle de Météo-France. Du bleu clair au bleu foncé, les zones où les précipitations devraient être supérieures à la normale. Du jaune au rouge, celles où elles devraient être inférieures à la normale. En gris, celles où elles devraient être conformes à la normale. En blanc, les zones où aucun scénario ne prédomine (les 3 scénarios sont équiprobables).


Aux moyennes latitudes, les impacts semblent plus ténus et diffèrent d'un modèle à l'autre. Les modèles prévoient en effet qu'El Niño affecte majoritairement les basses latitudes dans les prochains mois.

Pour en savoir plus sur le phénomène El Niño en cours, consulter le site de Mercator-Ocean, partenaire de Météo-France (Mercator-Ocean fournit les états océaniques pour le modèle de prévisions saisonnières de Météo-France).

 

Sur l'Europe et la France métropolitaine

Le scénario qui apparaît comme le plus probable est celui d'un trimestre plus chaud que la normale sur l'Europe, sauf dans sa partie Nord-Ouest (Irlande et Grande-Bretagne) où un scénario plus frais que la normale est envisagé.
Sur la France métropolitaine, le scénario chaud est privilégié, mais avec une probabilité moins forte que sur la partie la plus orientale de l'Europe.
Si un scénario plus sec que la normale est envisagé sur la partie nord de l'Europe, aucun scénario ne se dégage pour les précipitations sur la France métropolitaine.


Océan Atlantique

Antilles

Les impacts du phénomène El Niño sont attendus : un scénario plus sec et plus chaud que la normale est très probable. La saison cyclonique de l'été et l'automne prochains devrait être moins active que la normale, notamment grâce à la présence d'eaux plus froides que la normale sur l'Atlantique des côtes d'Afrique jusqu'aux Antilles, et du fait du phénomène El Niño en cours.

Guyane

La Guyane devrait connaître un trimestre plus chaud et plus sec que la normale. La confiance dans cette prévision, en particulier pour les précipitations, est accrue du fait du phénomène El Niño.

Saint-Pierre et Miquelon

Pour les températures, le scénario plus chaud que la normale est privilégié pour le trimestre prochain. Aucun scénario ne domine en matière de précipitations.

 

Océan Indien

La Réunion et Mayotte

Sur ces deux territoires, les modèles continuent de s'accorder sur un scénario plus chaud que la normale. En revanche, si pour Mayotte aucun scénario n'est privilégié concernant les précipitations, la Réunion devrait connaître un trimestre plus arrosé que la normale.


Océan Pacifique

En Nouvelle-Calédonie 

Un scénario plus sec que la normale se dessine pour le trimestre à venir. Les températures, devraient être conformes à la normale.

À Wallis et Futuna

Le trimestre devrait être plus sec que la normale. En revanche, aucun scénario n'est privilégié pour les températures.

En Polynésie 

Le scénario privilégié correspond à des températures plus chaudes sur les archipels des Marquises et du nord des Tuamotu, proches des normales sur l'archipel de la Société et légèrement plus froides sur l'archipel des Australes. On retrouve cette distribution au niveau des précipitations avec un fort déficit au nord du territoire et un trimestre humide au sud.

Des tableaux de synthèse sont disponibles dans le bulletin PDF proposé en téléchargement ci-dessous.

Le prochain bulletin sera publié fin juillet 2015.


* Les prévisions utilisées par Météo-France dans cette analyse sont issues des résultats des modèles de Météo-France, du Centre européen de prévision météorologique à moyen terme (CEP), du Met Office britannique (Met Office), du National Centers for Environmental Prediction américain (NCEP) et de la Japan Meteorological Agency (JMA). Les résultats du programme multi-modèles Eurosip (composé des modèles de Météo-France, du CEP, du Met Office et du NCEP) et de l'expérience multi-modèles menée en Corée du Sud sous l'égide de l'OMM (LC-MME) figurent également en bas des tableaux de synthèse à titre indicatif.



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