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Les prévisions saisonnières pour Mars, Avril et Mai 2015


27/02/2015

 

Qu'est-ce que la prévision saisonnière ?

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir, à l'échelle d'une région comme l'Europe de l'Ouest. Contrairement aux prévisions à échéance de quelques jours, l'information n'est pas détaillée ni chiffrée, mais présentée sous forme de prévisions qualitatives qui renseignent sur les grandes tendances (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale). Les climatologues analysent les résultats de modèles numériques comparables à ceux utilisés pour réaliser les prévisions à court terme, mais intégrant la modélisation des océans. Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage : faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est impossible de privilégier une hypothèse. Les performances des prévisions saisonnières sont très variables. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et, pour la température, meilleures en hiver qu'en été. La fiabilité de ces prévisions est bien meilleure outre-mer qu'en métropole, en particulier pour les précipitations.

En savoir plus : notre dossier « la prévision saisonnière »

 

Prévisions pour mars, avril et mai 2015

D'après les dernières simulations des modèles de prévisions saisonnières, les grandes structures climatiques évoluent peu au cours du trimestre prochain. La température de surface des océans semble notamment particulièrement stable.

Anomalies de températures de surface prévues pour mars avril mai 2015

Figure 1: Anomalies de température de surface de l'océan prévue par le modèle de Météo-France pour le trimestre à venir (en  °C), par rapport à la période de référence de 1991 à 2011

 

Dans le nord du Pacifique, les anomalies chaudes présentent toujours une structure dite en "fer à cheval" typique, dont l'influence sur le continent nord-américain fait l'objet de nombreuses études récentes. Elles devraient engendrer un trimestre plus chaud que la normale sur l'ouest du Canada et des Etats-Unis, et plus frais et plus humide que la normale dans le sud des Etats-Unis et sur le Mexique. Les répercutions au-delà de cette zone sont encore mal connues.

Dans le Pacifique, le long de l'équateur, les températures de l'océan restent légèrement plus chaudes que la normale, mais cette anomalie est insuffisante et son maximum situé trop à l'ouest pour réactiver le phénomène El Niño. Elle devrait cependant engendrer un surplus d'activité orageuse, et donc de pluie, sur l'ouest du Pacifique équatorial. Celle-ci serait contrebalancée par une diminution de l'activité orageuse et de la pluviométrie sur les régions voisines s'étendant du Sud-Est asiatique, aux Philippines et au nord-est de l'Australie.
 

Anomalies de précipitations prévues pour mars avril mai 2015

Figure 2: Anomalies de précipitations prévues pour le trimestre prochain. Moyenne des modèles de l'ensemble EUROSIP (Météo-France, Centre Européen, UK Met-Office, NCEP). En vert les zones de précipitations supérieures aux normales, en marron les zones de précipitations inférieures aux normales

 

En dehors de la zone Pacifique - Amérique du Nord et comme souvent au début du printemps, la configuration climatique est mal appréhendée par les modèles numériques. C'est notamment le cas sur l'Atlantique nord, où malgré des anomalies de température de l'océan marquées et persistantes, les modèles ne mettent pas en évidence une tendance claire. Leurs résultats sont parfois contradictoires.

Sur l'Europe, les modèles simulent des circulations différentes qui ne permettent pas de déterminer une tendance majoritaire. Le léger signal chaud, sur lequel tous les modèles s'accordent, pourrait ainsi résulter essentiellement de leur prise en compte du changement climatique global.
 

Anomalies de températures prévues pour mars avril mai 2015
Figure 3 : Anomalies de températures prévues pour le trimestre prochain. Moyenne des modèles de l'ensemble EUROSIP (Météo-France, Centre Européen, UK Met-Office, NCEP

 

En France métropolitaine

Les modèles sont souvent contradictoires pour la France et aucun type de circulation ne semble prédominer le trimestre prochain. En conséquence, aucune tendance ne se dégage, pour les précipitations. La probabilité légèrement renforcée d'un trimestre plus chaud que la période de référence (1990-2011 pour le modèle de Météo-France) pourrait être simplement liée au réchauffement climatique global.

 

Océan Atlantique

Antilles

Un scénario plus chaud que la normale continue d'être privilégié. En revanche aucune tendance ne se dégage pour les précipitations.

 

Guyane

La Guyane devrait encore connaître un  trimestre plus chaud et plus sec que la normale.

 

Saint-Pierre et Miquelon

Un scénario plus chaud et plus humide que la normale continue d'être privilégié.

 

Océan Indien

La Réunion et Mayotte

Les modèles s'accordent toujours sur un scénario plus chaud que la normale. En revanche aucun scénario n'est privilégié concernant les précipitations.
La tendance à une activité cyclonique plus forte que la normale pour la fin de saison dans l'ouest de l'Océan Indien est moins marquée.

 

Océan Pacifique

En Nouvelle-Calédonie 

Un scénario plus sec que la normale est privilégié. Aucune tendance ne se dégage pour les températures.

 

À Wallis et Futuna


Le trimestre à venir devrait être plus chaud et plus humide que la normale.

 

En Polynésie 


Aucun scénario n'est privilégié, que ce soit pour les températures ou les précipitations.

 

Le prochain bulletin sera publié le 25 mars 2015.

 

* Les prévisions utilisées par Météo-France dans cette analyse sont issues des résultats des modèles couplés de Météo-France (MF), du Centre Européen de Prévisions Météorologiques à Moyen Terme (CEP), du Met. Office britannique (Met Office), du National Centers for Environmental Prediction américain (NCEP) et de la Japan Meteorological Agency (JMA). Les résultats du programme multi-modèles Eurosip (composé des modèles de Météo-France, du CEP, du Met Office et du NCEP) et de l'expérience multi-modèles menée en Corée sous l'égide de l'OMM (LC-MME) figurent également en bas des tableaux de synthèse à titre indicatif.

 


 

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