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Les prévisions saisonnières pour le trimestre septembre, octobre et novembre 2015


25/08/2015

Qu'est-ce que la prévision saisonnière ?

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir, à l'échelle d'une région comme l'Europe de l'Ouest. Contrairement aux prévisions à échéance de quelques jours, l'information n'est pas détaillée ni chiffrée, mais présentée sous forme de prévisions qualitatives qui renseignent sur les grandes tendances (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale). Les climatologues analysent les résultats de modèles numériques comparables à ceux utilisés pour réaliser les prévisions à court terme, mais intégrant la modélisation des océans. Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage : faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est impossible de privilégier une hypothèse. Les performances des prévisions saisonnières sont très variables. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et, pour la température, meilleures en hiver qu'en été. La fiabilité de ces prévisions est bien meilleure outre-mer qu'en métropole, en particulier pour les précipitations.

En savoir plus : notre dossier « la prévision saisonnière »


Prévisions pour le trimestre septembre, octobre et novembre 2015

Le phénomène El Niño en cours sur le Pacifique Equatorial est l'élément majeur de l'état actuel du système climatique planétaire. Il se traduit par des anomalies de température de surface de l'océan qui atteignent maintenant +2°C dans l'est du bassin. Si cette anomalie devait se maintenir à ce niveau au cours des 3 prochains mois, le seuil d'un événement El Niño fort serait atteint.

Anomalies de températures de surface de l'océan en juillet 2015
Figure 1 : Anomalies de température de surface de l'océan en juillet 2015 en °C par rapport à la normale 1993-2011 (source : MERCATOR –OCEAN)
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Tous les modèles de prévision saisonnière prévoient qu'il va continuer à se renforcer au cours du prochain trimestre. L'évolution prévue suit un schéma temporel classique, avec un maximum d'intensité en fin d'année et pourrait conduire à un événement parmi les plus puissants observés depuis 1950.

La circulation atmosphérique est profondément et durablement influencée par ces anomalies de température de l'océan et les répercussions prévues sont très significatives sur les températures (Figure 2) et les précipitations (Figure 3), en particulier dans les régions tropicales.

 

Anomalies de températures de surface prévues pour septembre octobre novembre 2015

Figure 2 : Probabilité d'anomalies de température prévues pour le trimestre prochain (septembre-octobre-novembre) par la moyenne des modèles de l'ensemble EUROSIP (Météo-France, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme, Met Office, National Centers for Environmental Prediction). Du bleu clair au bleu foncé, les zones où les températures devraient être inférieures à la normale. Du jaune au rouge, celles où elles devraient être supérieures à la normale. En blanc, les zones où aucun scénario chaud ou froid ne prédomine (le scénario normal prédomine ou les 3 scénarios sont équiprobables).
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Anomalies de précipitations prévues pour septembre octobre novembre 2015
Figure 3 : Probabilité d'anomalies de précipitation prévues pour le trimestre prochain (septembre-octobre-novembre) par la moyenne des modèles de l'ensemble EUROSIP (Météo-France, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme, Met Office, National Centers for Environmental Prediction). Du vert clair au vert foncé, les zones où les précipitations devraient être supérieures à la normale. Du marron au beige, celles où elles devraient être inférieures à la normale. En blanc, les zones où aucun scénario sec ou humide ne prédomine (le scénario normal prédomine ou les 3 scénarios sont équiprobables).
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Sur l'Europe et la France métropolitaine

L'Europe est une des régions les moins directement impactées par les conséquences du phénomène El Niño. Cependant, dans un contexte global favorable aux anomalies chaudes, un scénario plus chaud que la normale semble être également assez probable sur notre continent, sauf sur les îles Britanniques.

Prévisions saisonnières probabilistes de températures pour septembre octobre novembre 2015
Figure 4 : Synthèse pour les températures des prévisions probabilistes issues des modèles de l'ensemble EUROSIP. Pour chaque zone géographique délimitée par les pointillés : en bleu : la proportion de simulations correspondant à des températures inférieures à la normale ; en gris : celle des simulations correspondant à des températures proches de la normale ; en rouge : celle des simulations suggérant des températures supérieures à la normale.
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Un scénario plus sec que la normale est envisagé sur le nord-est du continent. Sur la Méditerranée, principalement sur l'est du bassin, la probabilité est en revanche assez élevée d'avoir des pluies plus abondantes que la normale.
Sur la France métropolitaine, aucune tendance ne se dégage pour les précipitations.

Prévisions saisonnières probabilistes de précipitations pour septembre octobre novembre 2015
Figure 5 : Synthèse pour les précipitations des prévisions probabilistes issues des modèles de l'ensemble EUROSIP. Pour chaque zone géographique délimitée par les pointillés : en orange, la proportion de simulations correspondant à des précipitations inférieures à la normale ; en gris celle des simulations correspondant à a des précipitations proches de la normale ; en vert, celle des simulations suggérant des précipitations supérieures à la normale.
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Océan Atlantique

Antilles

La prévisibilité est généralement moindre que sur la Guyane du fait de l'aléa cyclonique. Dans le contexte imposé par l'évènement El Niño, la fin de saison cyclonique devrait être moins active que la normale et un scénario plus sec et plus chaud que la normale est privilégié.
Les alizés devraient souffler plus fortement que la normale.

Guyane

L'influence de l'événement El Niño fort devient prédominante. Malgré les incertitudes relatives à l'évolution des températures de l'océan Atlantique tropical, un scénario sec et chaud semble très probable.

Saint-Pierre et Miquelon

Aucun scénario ne se dégage pour les températures ni pour les précipitations.

Océan Indien

La Réunion et Mayotte

Les modèles s'accordent sur l'océan Indien sur un trimestre plus chaud et plus humide que la normale. Ce scénario concerne notamment Mayotte et la Réunion.

Océan Pacifique

En Nouvelle-Calédonie 

Un scénario plus frais et plus sec que la normale se dessine pour le trimestre à venir.

À Wallis et Futuna

Le même scénario qu'en Nouvelle-Calédonie, plus frais et plus sec que la normale, est privilégié.

En Polynésie 

Dans un contexte d'El Niño fort, en cette fin de saison fraîche, les températures seront légèrement plus chaudes que la normale sur l'archipel des Marquises, normales sur les archipels des Tuamotu et des Gambier et plus fraîches ailleurs.
Les précipitations seront inférieures à la normale sur tous les archipels, exception faite des Marquises où elles seront proches des normales.



Le prochain bulletin sera publié fin septembre 2015.


* Les prévisions utilisées par Météo-France dans cette analyse sont issues des résultats des modèles de Météo-France, du Centre européen de prévision météorologique à moyen terme (CEP), du Met Office britannique (Met Office), du National Centers for Environmental Prediction américain (NCEP) et de la Japan Meteorological Agency (JMA). Les résultats du programme multi-modèles Eurosip (composé des modèles de Météo-France, du CEP, du Met Office et du NCEP) et de l'expérience multi-modèles menée en Corée du Sud sous l'égide de l'OMM (LC-MME) figurent également en bas des tableaux de synthèse à titre indicatif.



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