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Les prévisions saisonnières pour le trimestre juillet, août et septembre 2016


29/06/2016

Qu'est-ce que la prévision saisonnière ?

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir, à l'échelle d'une région comme l'Europe de l'Ouest. Contrairement aux prévisions à échéance de quelques jours, l'information n'est pas détaillée ni chiffrée, mais présentée sous forme de prévisions qualitatives qui renseignent sur les grandes tendances (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale). Les climatologues analysent les résultats de modèles numériques comparables à ceux utilisés pour réaliser les prévisions à court terme, mais intégrant la modélisation des océans. Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage : faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est impossible de privilégier une hypothèse. Les performances des prévisions saisonnières sont très variables. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et, pour la température, meilleures en hiver qu'en été. La fiabilité de ces prévisions est bien meilleure outre-mer qu'en métropole, en particulier pour les précipitations.

En savoir plus : notre dossier « la prévision saisonnière ».

Situation générale

Dans l'Océan Pacifique, l'épisode El Niño est à présent terminé. À l'inverse, un phénomène La Niña,  d'intensité modérée, devrait s'installer dès le mois de juillet. Des eaux plus froides que la normale sont en train de s'établir le long de l'équateur. Les conséquences sur le système climatique resteront peu marquées pour ce trimestre, d'autant que cet épisode Niña commence juste à se mettre en place. Lors d'un épisode La Niña, les précipitations sont généralement renforcées sur l'Indonésie, l'Australie, le sud-est asiatique jusqu'à l'Inde (renforcement de la mousson indienne). L'influence sur les conditions météorologiques de nos régions est, quant à elle, peu marquée, surtout en été.

Anomalie moyenne de SST dans la boîte NINO34 Modèle ARP5 juin 2016
Figure 1 : évolution prévue de l'anomalie de température de surface océanique (par rapport à la normale climatologique) sur le centre de l'Océan Pacifique équatorial, par les différents scénarios du modèle de prévisions saisonnières de Météo-France. À partir du mois de juillet, toutes les prévisions (traits rouges) passent sous le seuil de -0.5°C d'anomalie de température (seuil Niña). La moyenne des prévisions est indiquée par le trait tireté. La confiance dans la prévision du phénomène de Niña est donc très élevée. Le trait bleu correspond aux observations passées.

 

Prévisions pour le trimestre juillet, août et septembre 2016 sur l'Europe et la France métropolitaine

Sur l'Europe, la prévisibilité pour la seconde partie de l'été et le tout début de l'automne est très faible, car les différents modèles étudiés amènent à des scénarios très différents les uns des autres.

Pour les températures :
 

Aucun scénario privilégié ne se dégage sur les 3 mois à venir pour la plupart des régions européennes. Néanmoins, des conditions plus chaudes que la normale semblent probables sur l'est de la Scandinavie et le nord des Pays baltes (Finlande, Suède, Estonie, Lettonie), ainsi qu'en Espagne. 
Les modèles indiquent cependant qu'il est très peu probable que l'Europe occidentale (exception faite de l'Espagne) - et notamment la moitié nord de la France, l'Allemagne, les îles Britanniques - connaissent des conditions très chaudes au mois de juillet. 

 

Prévisions saisonnières probabilistes de températures pour le trimestre prochain

Prévision saisonnière probabiliste de températures pour juillet, août et septembre 2016 sur l'Europe

Figure 2 : Synthèse pour les températures des prévisions. Pour chaque zone géographique délimitée par les pointillés : en bleu : la proportion de simulations correspondant à des températures inférieures à la normale ; en gris : celle des simulations correspondant à des températures proches de la normale ; en rouge : celle des simulations suggérant des températures supérieures à la normale.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Pour les précipitations :

Les simulations numériques ne permettent pas de dégager de scénario dominant sur une grande partie de l'Europe, sauf sur l'ouest du bassin méditerranéen (Espagne notamment) où le trimestre devrait être plus sec que la normale.

Prévisions saisonnières probabilistes de précipitations pour le trimestre prochain

Prévision saisonnière probabiliste de précipitations pour juillet, août et septembre 2016 sur l'Europe

Figure 3 : Synthèse pour les précipitations des prévisions probabilistes. Pour chaque zone géographique délimitée par les pointillés : en orange, la proportion de simulations correspondant à des précipitations inférieures à la normale ; en gris celle des simulations correspondant à a des précipitations proches de la normale ; en vert, celle des simulations suggérant des précipitations supérieures à la normale.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

Outre mer

La bascule rapide vers une situation La Niña au cours du trimestre à venir ne va pour l'instant que peu modifier les conditions sur les territoires français d'outre-mer.
 

Océan Atlantique

Sur ce bassin, la saison des ouragans débute classiquement en juin pour se terminer fin novembre. Fin juin 2016, 4 systèmes avaient déjà été nommés par le National Hurricane Center de Miami, ce qui constitue un record pour cette période de l'année, mais ne préjuge en rien de l'activité des prochains mois.
Les prévisions indiquent au contraire une activité cyclonique proche de la normale (soit 12 systèmes « nommés »). En conditions La Niña, on observe plutôt plus de systèmes cycloniques que la moyenne, mais d'autres paramètres interviennent, tels que la température de surface de l'Atlantique, et l'activité de la mousson africaine, qui pourraient jouer en sens inverse. 

Antilles

Les conditions devraient être plus chaudes que la normale pour le trimestre prochain. L'incertitude est forte pour les précipitations : aucun scénario n'est privilégié.

Guyane

Des conditions plus chaudes que la normale sont très probables. En ce qui concerne les précipitations, le trimestre devrait être plus sec que la normale.

Saint-Pierre et Miquelon

Il existe une très forte incertitude tant pour les précipitations que pour les températures. Aucun scénario n'est donc privilégié pour ces deux paramètres.
 

Océan Indien

La Réunion et Mayotte

Les températures devraient rester proches des normales (en moyenne sur le trimestre). Les cumuls trimestriels de précipitations devraient être légèrement inférieurs aux valeurs de saison.
 

Océan Pacifique

En Nouvelle-Calédonie 

Des conditions plus chaudes que la normale sont très probables. Il n'y a pas de scénario privilégié pour les précipitations.

À Wallis et Futuna

Avec la transition vers la Niña, aucun scénario ne se dégage pour les températures. En revanche, il est probable que des conditions plus sèches que la normale s'installent pour le trimestre. 

En Polynésie

Le trimestre à venir devrait être plutôt chaud et humide pour les Marquises, frais et sec sur les îles Australes. Aucun scénario ne se dégage sur le reste de l'archipel, ni pour les températures, ni pour les précipitations.


Le prochain bulletin sera publié fin juillet 2016.

* Les prévisions utilisées par Météo-France dans cette analyse sont issues des résultats des modèles de Météo-France, du Centre européen de prévision météorologique à moyen terme (CEP), du Met Office britannique (Met Office), du National Centers for Environmental Prediction américain (NCEP), de la Japan Meteorological Agency (JMA) et des résultats des programmes multi-modèles Eurosip (composé des modèles de Météo-France, du CEP, du Met Office et du NCEP) et de l'expérience multi-modèles menée en Corée du Sud sous l'égide de l'OMM (LC-MME).

Bulletin de prévision saisonnière pour juillet, août et septembre 2016 (853,9 ko)