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Les prévisions saisonnières pour le trimestre janvier, février et mars 2017


16/12/2016

Qu'est-ce que la prévision saisonnière ?

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir, à l'échelle d'une région comme l'Europe de l'Ouest. Contrairement aux prévisions à échéance de quelques jours, l'information n'est pas détaillée ni chiffrée, mais présentée sous forme de prévisions qualitatives qui renseignent sur les grandes tendances (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale). Les climatologues analysent les résultats de modèles numériques comparables à ceux utilisés pour réaliser les prévisions à court terme, mais intégrant la modélisation des océans. Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage : faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est impossible de privilégier une hypothèse. Les performances des prévisions saisonnières sont très variables. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et pour la température, meilleures en hiver qu'en été. La fiabilité de ces prévisions est bien meilleure outre-mer qu'en métropole, en particulier pour les précipitations.

En savoir plus : notre dossier « la prévision saisonnière ».

Prévisions pour le trimestre janvier, février et mars 2017 sur l'Europe et la France métropolitaine

Situation générale :

Les modèles de prévision saisonnière ne privilégient pas tous le même scénario. Mais malgré des signaux parfois contradictoires, il est  possible d'isoler des points de convergence, par exemple sur la vigueur du vortex polaire, ce vaste tourbillon qui emprisonne de l'air froid autour du pôle Nord : celui-ci devrait être moins fort qu'à l'accoutumée. D'autre part, une majorité de modèles suggère aussi un contexte plutôt anticyclonique depuis le sud des États-Unis jusqu'à la péninsule Ibérique.

Pour les températures :

Ce contexte anticyclonique sur le sud du bassin Atlantique Nord devrait augmenter la probabilité d'avoir des températures plutôt supérieures à la normale sur une bonne partie de l'Europe. Cette probabilité est encore plus forte pour le bassin méditerranéen et l'extrême nord du continent européen. En revanche, plus à l'est, sur les pays d'Europe centrale et l'ouest de la Russie, il n'y a pas de scénario privilégié.

Prévisions saisonnières probabilistes de températures pour janvier-février-mars 2017 sur l'Europe

Figure 1 : Synthèse pour les températures des prévisions.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Pour les précipitations :

Aucun scénario n'est privilégié par les modèles.

Prévisions saisonnières probabilistes de précipitations pour janvier-février-mars 2017 sur l'Europe


Figure 2 : Synthèse pour les précipitations.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

Après le fort épisode El Niño de 2015/2016, une Niña finalement faible

L'épisode « la Niña » de cet hiver ne devrait pas marquer l'histoire du climat mondial, comme a pu le faire l'événement « El Niño » majeur de l'hiver 2015-2016. L'anomalie moyenne de température de surface de la mer dans la région de l'océan Pacifique équatorial utilisée par les climatologues pour suivre l'évolution du phénomène (dite "zone Niño 3.4")  franchit tout juste le seuil de -0.5°C cet hiver, ce qui fait du phénomène en cours un épisode « faible ». Lorsque l'on examine son impact sur le climat mondial, on identifie clairement dans les observations et dans les prévisions des impacts caractéristiques, par exemple en matière de précipitations sur le bassin Pacifique tropical et sur le « continent maritime » (l'Indonésie). Mais au-delà, et notamment aux moyennes latitudes, les effets de cette « Niña » sont très limités. Le phénomène devrait s'atténuer  nettement  au cours des prochains mois (sur la carte ci-dessous, on ne distingue quasiment plus d'anomalies négatives de température de surface de la mer dans la zone d'intérêt pour le trimestre Janvier-Février-Mars 2017).

 
Prévisions d'anomalies moyennes de température de surface pour janvier-février-mars 2017

Figure 3 : Prévision des anomalies moyennes de température de surface de la mer par le multi-modèles EUROSIP (liste des contributeurs en fin de bulletin) pour le trimestrejanvier-février-mars 2017. L'ellipse bleue signale la zone d'anomalie froide correspondant à « la Niña ».
 

 

Outre mer

Océan Atlantique

Antilles :
Antilles et Guyane : Des températures plus chaudes que la normale sont probables. Par contre, aucun scénario ne se dégage pour les précipitations.

Saint-Pierre et Miquelon :
Des conditions plus chaudes que la normale sont probables. Les précipitations devraient être supérieures à la normale.

Océan Indien

La Réunion et Mayotte :
Les températures et les précipitations devraient être supérieures à la normale.

Océan Pacifique

Nouvelle-Calédonie :
Des conditions plus chaudes que la normale sont probables. Par contre, aucun scénario ne se dégage pour les précipitations.

Wallis et Futuna :     
Des conditions plus chaudes et plus humides que la normale sont probables.

Polynésie
Pour les Marquises, au nord de l'archipel, la saison devrait être dans l'ensemble conforme à la normale côté températures mais plus sèche que la normale pour les précipitations. La partie centrale de la Polynésie (archipel des Tuamotu et de la Société) devrait en revanche connaître un trimestre plus chaud que la normale ; aucune tendance ne se dégage pour les précipitations. Dans les îles Australes, au sud, les prévisions indiquent que les températures devraient être supérieures à la normale et le climat globalement plus humide que la normale.


Le prochain bulletin sera publié fin janvier 2017.

Les prévisions utilisées par Météo-France dans cette analyse sont issues des résultats de l'ensemble multi-modèles EUROSIP composé des modèles de Météo-France (MF), du Centre européen de prévision météorologique à moyen terme (ECMWF), du Met Office britannique (Met Office), du National Centers for Environmental Prediction américain (NCEP) ainsi que de l'expérience multi-modèles menée en Corée du Sud sous l'égide de l'OMM (LC-LRFMME).

Télécharger le bulletin de prévisions saisonnières pour le trimestre janvier, février et mars 2017 (652,4 ko)