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Les prévisions saisonnières pour le trimestre Mai, Juin et Juillet 2015


29/04/2015

 

Qu'est-ce que la prévision saisonnière ?

La prévision saisonnière a pour objectif de déterminer le climat moyen sur les trois mois à venir, à l'échelle d'une région comme l'Europe de l'Ouest. Contrairement aux prévisions à échéance de quelques jours, l'information n'est pas détaillée ni chiffrée, mais présentée sous forme de prévisions qualitatives qui renseignent sur les grandes tendances (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide que la normale). Les climatologues analysent les résultats de modèles numériques comparables à ceux utilisés pour réaliser les prévisions à court terme, mais intégrant la modélisation des océans. Dans certains cas, aucun scénario dominant ne se dégage : faute d'éléments probants susceptibles d'influencer le climat des prochains mois, il est impossible de privilégier une hypothèse. Les performances des prévisions saisonnières sont très variables. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et, pour la température, meilleures en hiver qu'en été. La fiabilité de ces prévisions est bien meilleure outre-mer qu'en métropole, en particulier pour les précipitations.

En savoir plus : notre dossier « la prévision saisonnière »

 

Prévisions pour le trimestre mai, juin et juillet 2015

C'est de nouveau dans le Pacifique que se produit l'évènement marquant du climat de la planète. Des eaux anormalement chaudes se sont accumulées sur l'équateur au voisinage de la ligne de changement de date (180° ouest). Le seuil d'anomalie significative dans cette zone, de +0.5°C par rapport à la normale, est légèrement dépassé. Ces eaux amorcent désormais un déplacement plus à l'est et vont migrer vers les côtes de la Colombie, du Pérou et de l'Equateur au cours du trimestre prochain. La mécanique caractéristique d'un phénomène El Niño est donc enclenchée. Elle est favorisée par la présence dans le nord-est du Pacifique d'une anomalie chaude particulièrement marquée des eaux de surface, que les vents dominants poussent vers l'équateur.

Figure 1

Figure 1: Anomalies de températures de surface des océans observées au mois de mars.
À noter : l'anomalie chaude sur l'équateur vers 180°, la zone particulièrement chaude dans le nord-est du Pacifique, les anomalies froides dans le nord-est de l'Atlantique concernant notamment le voisinage de l'Europe.

La quasi-totalité des modèles de prévision saisonnière prévoient un renforcement du phénomène El Niño au cours du trimestre prochain. La probabilité qu'il s'amplifie et perdure au-delà de l'été est assez forte, mais les incertitudes deviennent à cette échéance plus importantes quant à son intensité ; une atténuation du phénomène avant l'hiver demeure même encore possible, à l'image de ce qui s'est produit en 2014.

Figure 2

Figure 2: Anomalies de température de surface des océans prévues pour le trimestre prochain (mai-juin-juillet). Moyenne des modèles de l'ensemble EUROSIP (Météo-France, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme, Met Office, National Centers for Environmental Prediction). Du jaune au rouge, les zones de température de surface océanique supérieure à la normale, du bleu clair au bleu foncé les zones de température de surface océanique inférieure à la normale.
À noter : le déplacement prévu de l'anomalie chaude dans le Pacifique, le long de l'équateur jusqu'aux côtes de l'Amérique du Sud, et l'anomalie froide prévue sur l'Atlantique Tropicale.


Il est important de suivre l'évolution du phénomène El Niño car cet évènement est susceptible d'avoir des répercussions climatiques dans de nombreuses régions du globe plus ou moins proches du Pacifique. C'est le cas sur le continent américain, l'est de l'Asie, l'Océanie, et au-delà, l'Océan indien et l'est de l'Afrique sont également impactés. En Europe, de façon générale, les impacts produits par ce phénomène sur le climat sont toutefois beaucoup plus incertains et limités.

 

Figure 3

Figure 3: Probabilité d'anomalies de température prévues pour le trimestre prochain (mai-juin-juillet). Moyenne des modèles de l'ensemble EUROSIP (Météo-France, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme, Met Office, National Centers for Environmental Prediction). Du jaune au rouge, les zones où les températures devraient être supérieures à la normale, du bleu clair au bleu foncé, les zones où elles devraient être inférieures à la normale.
À noter : Dans un contexte général où la probabilité d'anomalie chaude est largement majoritaire sur le globe, certaines zones font exception : l'est de l'Amérique du Nord et le centre de l'Amérique du Sud, la région de l'Himalaya et l'Europe de l'Ouest.

 

Figure 4

Figure 4: Probabilité d'anomalies de précipitations prévues pour le trimestre prochain (mai-juin-juillet). Moyenne des modèles de l'ensemble EUROSIP (Météo-France, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme, Met Office, National Centers for Environmental Prediction). Du vert clair au vert foncé, les zones où les précipitations devraient être supérieures à la normale, de l'orange au brun, celles où elles devraient être inférieures à la normale.
À noter : le fort impact de la température de l'océan sur les précipitations dans le Pacifique et sur l'Atlantique tropicale  et  l'absence de signal sur l'Europe Occidentale.

 

 

Sur l'Europe

Le scénario qui apparaît comme de loin le plus probable est celui d'un trimestre chaud et sec sur l'Europe de l'Est. Sur l'Europe Occidentale, la proximité de l'océan Atlantique, plus froid que la normale, devrait logiquement tempérer le climat, cependant aucun scénario majoritaire n'émerge des modèles. En Méditerranée, une différence semble se dessiner entre l'Est qui pourrait connaitre un trimestre plus chaud et plus humide que la normale, et l'Ouest qui connaitrait un scénario plus sec.

 

En France métropolitaine

Dans le contexte décrit pour l'Europe, la France se situe dans la zone où aucun scénario ne peut être privilégié, ni pour les températures, ni pour les précipitations.

 

Océan Atlantique

Antilles

Un scénario plus chaud et plus sec que la normale est toujours privilégié.
Des eaux plus froides que la normale traversent l'Atlantique depuis les côtes d'Afrique jusqu'aux Antilles. En conséquence, la saison cyclonique pour l'été et l'automne prochain est prévue moins active que la normale.

 

Guyane

La Guyane devrait encore connaître un  trimestre plus chaud et plus sec que la normale.

 

Saint-Pierre et Miquelon

Pour les températures, le scénario plus chaud que la normale est reconduit pour le trimestre prochain. Aucun scénario ne domine en matière de précipitations.

 

Océan Indien

La Réunion et Mayotte

Les modèles continuent de s'accorder sur un scénario plus chaud que la normale. En revanche, il n'y a toujours aucun scénario privilégié concernant les précipitations.

 

Océan Pacifique

En Nouvelle-Calédonie 

Un scénario plus chaud et plus sec que la normale se dessine pour le trimestre à venir.

 

À Wallis et Futuna


Au cours du trimestre prochain, l'archipel se trouvera à la limite des eaux plus chaudes que la normale liées au phénomène El Niño, favorisant des températures plus chaudes que la normale. En revanche, aucun scénario n'est privilégié pour les précipitations.

 

En Polynésie 


Aucun scénario n'est privilégié ni pour les températures, ni pour les précipitations sur les archipels de la Société, Australes et Gambier. Toutefois, un scénario plus sec et plus chaud semble se dégager sur l'archipel des Marquises et au nord de l'archipel des Tuamotu.

 

Des tableaux de synthèse sont disponibles dans le bulletin PDF proposé en téléchargement ci-dessous.

 

Le prochain bulletin sera publié fin mai 2015.

 

 

* Les prévisions utilisées par Météo-France dans cette analyse sont issues des résultats des modèles de Météo-France (MF), du Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme (CEP), du Met Office britannique (Met Office), du National Centers for Environmental Prediction américain (NCEP) et de la Japan Meteorological Agency (JMA). Les résultats du programme multi-modèles Eurosip (composé des modèles de Météo-France, du CEP, du Met Office et du NCEP) et de l'expérience multi-modèles menée en Corée du Sud sous l'égide de l'OMM (LC-MME) figurent également en bas des tableaux de synthèse à titre indicatif.

 


 

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